Les pères rejettent l’idée d’un congé parental de six mois, selon l’Unaf

Enfance et famille

Les pères perçoivent l’idée d’un congé parental de six mois comme « une prise de risque majeur » dans leur vie professionnelle, selon une enquête Ipsos réalisée pour l’Union nationale des associations familiales (Unaf), publiée jeudi 12 septembre 2013.

Cette ‘ »enquête qualitative » a été menée entre le 17 et le 23 juillet auprès de 4 groupes de parents, totalisant 24 pères et 8 mères, de différents milieux sociaux et origines géographiques.

Le projet de loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes prévoit une réforme du congé parental (actuellement pris à 97 % par les femmes) afin d’inciter davantage de pères à le prendre. À partir du 1er juillet 2014, les arents d’un seul enfant, qui ont aujourd’hui droit à six mois de congé, pourront prendre six mois de plus à condition que ce soit le second parent qui en bénéficie. À partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois ans à condition que six mois soient pris par le second parent, sinon elle sera raccourcie à deux ans et demi.

Dès le projet de loi connu, l’Unaf avait estimé que « dans les faits, la majorité des familles verront leurs droits amputés de six mois » car « très peu de pères pourront prendre ce congé parental ». Cette enquête l’a confortée dans son analyse.

Tous les pères interrogés ont dit avoir pris leur congé paternité (14 jours que l’on peut dissocier). Deux avaient choisi de se mettre en congé parental partiel (un jour par semaine, tout comme leur épouse) afin de « profiter de leur enfant ». Mais ils « se refusent globalement, sauf exception, à mettre en danger leur sécurité et leur identité sociale professionnelle » en s’arrêtant de travailler six mois. Pour les catégories socio-professionnelles populaires, « le risque majeur est la perte de leur emploi », mais ce rejet a aussi des raisons « sociales et psychologiques ».

En revanche, les propositions plus souples, « moins déconnectées du monde professionnel », sont plébiscitées : allongement du congé paternité à un mois à condition qu’il puisse être fractionné, congé parental à temps partiel pour l’homme comme pour la femme (un jour par semaine chacun). Certains parents s’inquiètent du mode de garde de l’enfant entre ses deux ans et demi et son entrée à l’école à trois ans, si la mère prend un congé parental total mais pas le père.

L’étude d’impact du projet de loi reconnait qu' »un raccourcissement du CLCA (prestation versée aux personnes en congé parental) exercera une pression sur le besoin de garde des enfants« , ajoutant que la réforme est « indissociable » du plan de création de 275 000 places d’accueil dans les cinq ans, dont 100 000 places en crèches.

Dans une déclaration à l’AFP, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a réitéré sa volonté de « bousculer les inégalités d’habitude » avec cette réforme. « Nous le faisons en retenant les solutions les plus souples possibles », a-t-elle assuré. « Nous sommes à l’écoute de toutes les propositions y compris celles de l’Unaf, dont certaines seront reprises dans le débat parlementaire », qui s’ouvre ce lundi au Sénat, a ajouté Mme Vallaud-Belkacem.

Le ministère a souligné qu' »au sein d’un couple salarié, l’écart est en moyenne de 4,5 % lorsque les deux membres du couple travaillent à temps plein toute l’année. L’argument du choix économique rationnel des ménages ne saurait donc expliquer que sur 1 000 hommes, seuls trois prennent un congé parental« .
 

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2013

 

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