La prime d’activité a réduit de 0,4 point le taux de pauvreté en 2016

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La prime d’activité, nouveau dispositif d’aide aux travailleurs à revenus modestes, instaurée il y a deux ans, a eu un impact de 0,4 point à la baisse sur le taux de pauvreté en 2016, selon un rapport d’évaluation publié lundi 22 janvier.

Le montant moyen de la prime d’activité, créée au 1er janvier 2016 pour remplacer la prime pour l’emploi (PPE) et le RSA activité, s’élevait à 158 euros mensuels en décembre 2016, selon cette évaluation transmise au Parlement, réalisée par la Direction générale de la cohésion sociale, avec la Drees et la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

Cette prestation, créée en application du plan de lutte contre la pauvreté du précédent quinquennat, a constitué un complément de revenus apprécié par les bénéficiaires, selon ce rapport. Elle leur a permis de couvrir des dépenses de première nécessité, en particulier alimentaires, ou de financer des sorties culturelles ou de loisirs.

La création de la prime d’activité a eu un impact de 0,4 point à la baisse sur le taux de pauvreté, selon la simulation effectuée pour ce rapport.

Le taux de pauvreté – proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (1 015 euros par mois pour une personne en 2015 selon l’Insee) – était de 14,1 % en 2014, rappelle le rapport. Il s’est établi à 13,9 % en 2016 selon une estimation provisoire de l’Insee, comparé à 14,2 % en 2015.

La réforme « bénéficie davantage aux ménages pauvres proches du seuil de pauvreté » (60 % du niveau de vie médian, soit 1 015 euros par mois en 2015), mais elle « ne concerne en revanche que peu les plus pauvres, souvent inactifs et qui ne perçoivent donc pas la prime d’activité », observe le rapport.

Dans un communiqué, la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, a rappelé que la prime serait revalorisée de 20 euros par mois en octobre, comme prévu dans la loi de finances 2018. Elle sera ensuite augmentée « chaque année, jusqu’à atteindre 80 euros par mois en plus ».

La montée en charge a été rapide. Alors que seules 32 % des personnes éligibles au RSA activité en faisaient la demande, le taux de recours a été de plus de 70 % en moyenne par trimestre sur l’année 2016, dépassant les prévisions.

Au total, 4,77 milliards d’euros ont été versés au titre de cette prestation en 2016, montant supérieur au budget initialement alloué.

À la fin de l’année, 2,58 millions de foyers en bénéficiaient, couvrant 5,14 millions de personnes en comptant les allocataires ainsi que conjoints et enfants. En cumulé sur l’année, 4,3 millions de foyers ont perçu la prime au moins un mois.

Les foyers bénéficiaires sont composés majoritairement de personnes seules sans enfant (52 %), ou des familles monoparentales (22 %).

L’objectif d’ouverture aux jeunes a par ailleurs été atteint, selon le rapport, avec 486 000 personnes de 18-24 ans allocataires, soit 15, 5% des adultes couverts par la prime d’activité.

Les effets de la prime d’activité sur l’emploi sont en revanche « difficiles à appréhender » à ce stade. Les trois quarts des adultes bénéficiaires ont un travail au moment de l’enquête Emploi de l’Insee, mais une moitié d’entre eux est à temps partiel.

L’objectif de simplification de la prestation et des démarches d’accès est jugé comme « l’une des plus grandes réussites de la prime d’activité ». Le simulateur permettant d’évaluer son éligibilité au dispositif a été utilisé 20,6 millions de fois en 2016.

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