Les quatre CCAS lauréats du Prix de l’innovation sociale locale 2011

Insertion

L’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS) a remis, fin septembre, le Prix de l’innovation sociale locale 2011 aux CCAS de Blanquefort, Saint-Pierre de la Réunion, Grenoble et Râches.

L’UNCCAS a décerné, le 26 septembre, le Prix de l’innovation sociale locale 2011 à quatre centres communaux d’action sociale (CCAS). Les quatre CCAS lauréats de cette 8e édition du Prix ont été sélectionnés parmi 175 dossiers de candidatures ! L’Union organise cette manifestation avec le soutien financier de La Banque Postale. Présentation des lauréats.

1er Prix (10 000 euros) : CCAS de Blanquefort (Gironde) pour son « atelier de cuisine nomade »

L’atelier de cuisine nomade du CCAS girondin est né sous l’impulsion combinée du chef étoilé Thierry Marx et du maire de Blanquefort, Vincent Feltesse, soucieux d’aider les personnes sans emploi à réaliser leur projet. Le CCAS, porteur de la démarche, joue un rôle de coordination. Une formation, rémunérée et qualifiante, aux métiers de la cuisine de rue est ainsi proposée à des personnes orientées par Pôle Emploi ou la mission locale.

Le but est « de les accompagner vers la création d’entreprise, tout en développant une cuisine saine, de qualité, et favorisant des circuits courts d’approvisionnement ». Des cours de cuisine, de gestion des règles d’hygiène et de sécurité, sont dispensés par un lycée hôtelier. Un accompagnement collectif et individuel à la création d’entreprise est également assuré par l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE). Un stage en entreprise vient conclure l’apprentissage. Sur les vingt stagiaires ayant suivi la formation en 2009-2010, six ont créé leur entreprise, huit sont salariés et quatre sont en recherche de locaux ou de financement.

2e Prix (7 000 euros) : CCAS de Saint-Pierre de la Réunion pour son initiative « Nout péi, nout soley »

L’opération « Nout péi, nout soley » – à traduire « Maîtrisons notre consommation pour un développement durable » – vise à lutter contre l’habitat insalubre et contre la précarité énergétique. Constatant que les familles en difficulté sont assez peu touchées par les actions de sensibilisation à la maîtrise de l’énergie, le CCAS et l’Agence régionale de l’énergie (ARER) se sont rapprochés.

Le CCAS coordonne les interventions financières et techniques des opérateurs et des partenaires pour l’amélioration de l’habitat (CAF, Fondation Abbé Pierre). L’ARER réalise, quant à elle, l’accompagnement technique sur le diagnostic énergétique personnalisé des foyers, la sensibilisation et l’information des familles et le suivi de la maîtrise des consommations d’eau et d’énergie. Après le diagnostic, l’auto-réhabilitation du logement, la sensibilisation, le CCAS et l’ARER accompagnent les familles pour l’achat ou la location d’un chauffe-eau solaire, équipement permettant la diminution de la facture énergétique et la sensibilisation à la maîtrise des consommations d’eau.

Dix familles ont expérimenté l’action au premier semestre 2011 et une trentaine d’autres sont concernées en ce second semestre. L’initiative s’inscrit dans le contexte énergétique particulier de la Réunion. Les deux tiers (67 %) de la production électrique proviennent des énergies fossiles et l’approvisionnement électrique en continu de certains secteurs demeure problématique.

3e Prix (5 000 euros) : CCAS de Grenoble pour ses « paniers solidaires »

L’opération des « Paniers solidaires » s’adresse à tout public. D’abord expérimentée sur un quartier, avant d’être étendue, elle consiste en une distribution hebdomadaire de paniers de 3,5 kg de fruits et de légumes par l’intermédiaire des sept centres sociaux du CCAS, « dont le rôle et la visibilité se trouvent ainsi accrus. » Le prix du panier est déterminé selon le quotient familial du foyer bénéficiaire.

L’approvisionnement privilégie les circuits courts et l’agriculture locale et des actions de sensibilisation sont organisées (ateliers cuisine, échanges de recettes, rencontres et visites chez les producteurs…). L’expérience se singularise « par la qualité de sa construction et de l’approche, très complète, avec, à la fois, un travail sur l’équilibre et l’éducation alimentaire, une tarification sociale bien construite, la prise en compte des circuits courts, la participation des usagers, l’appui sur les centres sociaux et la mixité sociale, l’initiative visant tous les grenoblois… », explique l’UNCCAS.

Prix spécial communes de moins de 5 000 habitants (4 000 euros) : CCAS de Râches (Nord) pour son dispositif d’échange équitable et solidaire

Dans le cadre de son dispositif d’aide alimentaire, le CCAS de Râches (2 800 habitants) récoltait auprès d’une grande surface, avec l’aide de bénévoles, des denrées rapidement périssables. Bon nombre de fruits ne pouvaient être redistribués car ils s’abîmaient durant le transport et devaient être jetés, ainsi que le surplus.

L’idée du CCAS a été de fabriquer, avec la participation active des bénéficiaires, des confitures avec les fruits ainsi récoltés et de proposer à la population de les échanger contre des denrées non périssables (café, pâtes, riz…) dans la galerie marchande d’une grande surface, où le CCAS tient un stand une fois par mois. Ce sont les bénéficiaires qui tiennent ce stand et distribuent des tracts à l’entrée du magasin.

Dès qu’une famille devient bénéficiaire d’un colis alimentaire, elle est invitée à venir faire quelques heures de bénévolat. Les uns au nettoyage et au conditionnement des fruits, d’autres à la confection des confitures ou pour le stand. Grâce aux dons de particuliers souhaitant faire profiter le CCAS de leur récolte personnelle ou des jardins fruitiers entretenus par le chantier d’insertion du CCAS, la palette de fruits utilisés permet, parfois, de confectionner jusqu’à 50 parfums différents de confiture !

Retrouvez la présentation détaillée de ces quatre actions sur la banque d’expériences de l’action sociale locale de l’UNCCAS : www.unccas.org

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