« RSA jeune » : moins de 10 000 bénéficiaires mi-2011

Insertion

La montée en charge du « RSA jeune » a été très rapide, mais a sensiblement ralenti entre mars et juin 2011.

L’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans n’ayant pas la charge d’un enfant né ou à naître est entrée en vigueur le 1er septembre 2010 en France métropolitaine (le 1er janvier 2011 dans les DOM). Les conditions d’éligibilité sont les mêmes que pour le RSA généralisé, à l’exception de la condition d’activité.

En effet, le jeune demandeur doit justifier d’au moins 2 ans d’activité en équivalent temps plein (soit 3 214 heures) au cours des trois années écoulées. Le barème et le montant de ce « RSA jeune » sont établis sur les mêmes bases que le RSA généralisé.

Rapide montée en charge

Selon une récente étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale (Etudes et résultats n° 782, novembre 2011), 9 774 personnes de moins de 25 ans percevaient le RSA jeune en France métropolitaine en juin 2011, tandis que 101 503 bénéficiaient du RSA généralisé (couples pour lesquels l’allocataire et son conjoint ont tous les deux strictement moins de 25 ans). Sur la France entière, le RSA jeune était versé à 9 954 allocataires.

La montée en charge de ce nouveau dispositif a été très rapide et a sensiblement ralenti en juin 2011. Entre décembre 2010 et mars 2011, le nombre de bénéficiaires avait ainsi augmenté de près d’un tiers (32%). En revanche, entre mars et juin 2011, le nombre d’allocataires du RSA jeune ne progresse plus que de 6%.

Profil des allocataires

« Le profil des allocataires du RSA jeune est complètement différent, voire opposé, à celui des personnes de moins de 25 ans qui bénéficient du RSA généralisé », note l’étude. De fait, ces deux dispositifs s’adressent à des populations bien distinctes : des personnes relativement bien insérées sur le marché du travail, pour le RSA jeune ; d’autres ayant la charge d’au moins un enfant né ou à naître, pour le RSA généralisé.

Ainsi, la répartition des allocataires du RSA jeune selon la composante perçue traduit leur bonne insertion dans l’emploi : près des trois quarts ne perçoivent que le RSA activité. A l’inverse, 85% des allocataires du RSA généralisé de moins de 25 ans ne perçoivent que le RSA socle, les deux tiers bénéficiant du RSA socle majoré.

La répartition des moins de 25 ans selon les principaux critères sociodémographiques varie également selon qu’ils perçoivent ou non le RSA jeune. En raison de la condition d’activité de 2 ans, les allocataires du RSA jeune sont un peu plus âgés que leurs homologues au RSA généralisé : seuls 3% d’entre eux ont 18 ans ou moins (contre 9% des allocataires du RSA généralisé). Les 23-24 ans sont les plus nombreux dans les deux sous-populations.

Par ailleurs, les bénéficiaires du RSA jeune vivent assez rarement en couple (15%). Bien que les femmes seules soient la catégorie la mieux représentée parmi les bénéficiaires du RSA jeune (46%), elles sont proportionnellement nettement plus nombreuses parmi les bénéficiaires du RSA généralisé (78%). Enfin, près de 40% des allocataires du RSA jeune sont des hommes seuls, alors que cette catégorie est quasiment inexistante au sein des moins de 25 ans du RSA généralisé (très peu d’hommes de cet âge assument seuls la charge d’un enfant).

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