Améliorer l’accès des jeunes à la contraception

Jeunesse

En facilitant l’accès des jeunes à une information et une contraception répondant à leurs besoins, le gouvernement espère limiter le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), en particulier chez les mineures.

La secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative, Jeannette Bougrab, a reçu, le 9 juin, la note du Centre d’analyse stratégique (CAS) sur l’accès des jeunes à la contraception. Cette instance rattachée au Premier ministre préconise d’améliorer l’information en direction des jeunes sur le sujet. Objectif : diminuer le nombre, encore trop élevé, d’interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Aujourd’hui, le taux de couverture contraceptive se révèle très satisfaisant, avec 90,2 % des femmes âgées de 15 à 49 ans sous contraception (91,2 % chez les 15-19 ans et de 92,9 % chez les 20-24 ans). Néanmoins, deux tiers des grossesses non désirées ont lieu sous contraception.

Près d’une IVG sur deux concerne une femme de moins de 25 ans, rapporte la note du CAS. De fait, l’utilisation importante de la contraception n’a pas permis de diminuer les recours à l’IVG, dont le nombre tend à augmenter chez les jeunes. Les IVG chez les mineures sont ainsi passées de 8 766, en 1990, à plus de 13 400, en 2007 ! Chez les 15-19 ans, le taux d’IVG s’élevait à 15,6 pour mille en 2007 (contre 14 pour mille en 2001). Chez les femmes de 20 à 25 ans, le taux d’IVG atteignait 27 pour mille en 2007 (contre 26,6 pour mille en 2001).

Parmi les femmes ayant eu recours à une IVG, 54 % des cas résultaient d’un « oubli » (pilule en majorité) et 38 % d’une erreur d’usage (préservatifs déchirés, mauvais calcul des dates…). « Il convient d’agir spécifiquement en faveur des jeunes (15-25 ans) », indique le CAS, et d’améliorer l’information sur les modalités d’utilisation de la contraception, la contraception d’urgence (« pilule du lendemain ») et sur la fertilité féminine.

Chez les jeunes (15-25 ans), une grossesse non désirée peut avoir des répercussions graves sur la vie affective, sexuelle et sociale. De plus, il est statistiquement démontré qu’une grossesse apparue à un âge jeune induit un risque accru de recours répété à l’IVG. D’où la nécessité d’intervenir dès les premières années de la sexualité pour ancrer « de bonnes pratiques contraceptives et in fine une gestion optimale de la fécondité tout au long de la vie », précise la note du Centre d’analyse stratégique. Au final, le CAS formule une série de propositions visant à améliorer l’information et l’accès à la contraception, impliquant les secteurs éducatif, sanitaire et social.

Présentation des  propositions du CAS pour améliorer l’accès des jeunes à la contraception :

– Charger les rectorats de fournir aux chefs d’établissement les informations nécessaires pour satisfaire à leurs obligations en matière d’éducation à la sexualité et d’établir un bilan des mesures engagées.

– Insister sur la sensibilisation des jeunes hommes et associer la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et l’information sur la contraception en promouvant la double protection, notamment dans les campagnes de communication.

– Créer une plateforme d’information unique sur la sexualité (site internet et application smartphone), qui proposera notamment un recensement des centres d’éducation et de planification familiale et de prévention des IST.

– Assurer aux mineurs la confidentialité et la gratuité des modes de contraception féminine et des consultations médicales nécessaires par un système de tiers payant, non notifié aux parents.

– Rendre effectif le libre choix contraceptif en développant une information sur l’ensemble des modes de contraception, y compris ceux qui sont encore peu connus en France.

– Développer un « bilan première contraception » gratuit pour les jeunes femmes âgées de 15 à 18 ans.

– À l’occasion de la délivrance d’une contraception d’urgence, charger les pharmaciens de remettre aux femmes de moins de 25 ans un guide présentant l’ensemble des moyens contraceptifs et contenant un coupon pour un rendez-vous chez un médecin agréé.

Posté le par Rédaction Weka

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