Hébergement d’urgence : la crise sanitaire a accentué les limites de la politique d’hébergement

Lutte contre les exclusions

Un rapport sénatorial pose la question du financement et de la pérennisation des places d’hébergement d’urgence.

La crise sanitaire a donné une nouvelle dimension à la politique d’hébergement d’urgence, estime le rapporteur spécial des crédits relatifs au logement et à l’urbanisme, Philippe Dallier, dans un rapport publié fin mai, fait au nom de la Commission des finances du Sénat. Aujourd’hui, 200 000 personnes sont prises en charge, dont 74 000 dans des hôtels, pour un budget supérieur à 2,4 milliards d’euros en 2020, peut-on lire dans le rapport d’information. Cinq ans après avoir conduit un précédent travail sur le même sujet, Philippe Dallier a donc examiné comment cette politique est conduite et financée.

Sous l’impulsion des pouvoirs publics, qui ont décidé une mise à l’abri des personnes les plus précaires, les associations ont intensifié leur action pendant la crise sanitaire. « Toutefois, la budgétisation ne suit toujours pas et les ouvertures de crédits importantes en cours d’année n’ont pas suffi à régler toutes les dépenses », constate le sénateur. La même situation risquant de se produire en 2021, Philippe Dallier préconise qu’un collectif budgétaire apporte les financements nécessaires, en refondant ensuite la budgétisation sur une estimation précise des besoins.

Si de nombreuses places nouvelles ont pu être mobilisées en 2020, la question de leur pérennisation se pose désormais, notamment pour les places en hôtel, qui ne permettent pas un accompagnement suffisant, rappelle l’auteur du rapport. Par ailleurs, la politique d’hébergement souffre, selon lui, d’une connaissance insuffisante de ses publics, ainsi que de difficultés techniques au niveau de l’accueil et de l’orientation.

Enfin, cette politique ne peut plus se concevoir de manière isolée et doit comprendre une dimension sanitaire, recommande Philippe Dallier. En revanche, il considère que les limites entre cette politique et celle de l’asile, concernant des publics différents, devraient être mieux tracées.

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