Crise sanitaire : protéger les personnes précaires

Lutte contre les exclusions

Le gouvernement vient d’adresser aux préfets des instructions pour prendre en charge les populations précaires face à l’épidémie de Covid-19.

Comme la première, la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 frappe particulièrement les personnes les plus précaires et vulnérables. Pour mieux les protéger, le gouvernement a adressé aux préfets une instruction, datée du 3 novembre 2020, détaillant les actions à mettre en œuvre. « Première priorité » : l’hébergement des personnes à la rue, quel que soit leur statut. Les préfets doivent mobiliser, à cet effet, l’ensemble des places disponibles sur leur territoire. « Vous ouvrirez en priorité des places en hôtels ou en structures qui permettent le respect des mesures barrières », prescrit le gouvernement. Les représentants de l’État doivent informer chaque semaine la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) du volume de places mobilisables et mobilisées. Par ailleurs, les préfets doivent veiller à la fluidité et l’accès au logement. « Il est essentiel de maintenir un haut niveau d’attributions de logements pour les publics prioritaires, contrairement à la baisse importante qui a pu être constatée lors de la période précédente de confinement », insiste l’instruction. En matière d’expulsions locatives, il est rappelé que la trêve hivernale a démarré le 1er novembre 2020.

Pour organiser au mieux les actions menées en faveur des personnes en situation de précarité, l’instance opérationnelle de coordination des dispositifs d’aide alimentaire installée au niveau départemental doit être, « jusqu’à nouvel ordre, intégralement tournée vers la gestion de crise, préconise l’instruction. Il est nécessaire d’intensifier son activité et d’y associer largement les acteurs associatifs et institutionnels ». Parallèlement, en matière d’hébergement d’urgence, les préfets sont chargés de coordonner le maintien des activités de lutte contre la précarité, dont le pilotage est confié aux Directions départementales de la cohésion sociale (DDCS). À noter : la possibilité de recourir à des associations non habilitées au titre de l’aide alimentaire, afin d’assurer les distributions de biens essentiels, est réactivée jusqu’au 31 décembre 2020. L’instruction rappelle les consignes sanitaires pour protéger les bénéficiaires, les bénévoles et le personnel.

Les préfets doivent aussi s’assurer de la poursuite des maraudes et, « dans toute la mesure du possible », des activités des accueils de jour, avec une extension des horaires d’accueil dans les départements, « afin de ne pas interrompre les missions de repérage et d’aller-vers les populations à la rue et les publics vivant en bidonvilles. » De même, en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), ils doivent veiller à remobiliser « au plus vite » les équipes mobiles sanitaires, afin de permettre la continuité de l’accès à la santé, à l’eau, aux sanitaires, aux produits d’hygiène et aux droits sociaux.

Enfin, une seconde opération d’envoi de masques lavables aux personnes titulaires de l’aide médicale de l’État (AME) et de la complémentaire santé solidaire (CSS) a débuté ce lundi 16 novembre, via La Poste. Celle-ci doit durer une quinzaine de jours, indique le gouvernement. Après livraison, les DDCS sont chargées, avec les préfectures, de redistribuer ces masques aux réseaux associatifs et aux centres communaux d’action sociale (CCAS).

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