Bilan d’étape de la stratégie de lutte contre la pauvreté

Lutte contre les exclusions

Le gouvernement vient de présenter un bilan d’étape de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Trois ans après son lancement, la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a fait l’objet d’un bilan d’étape lors du Conseil des ministres du 13 octobre 2021. Le gouvernement a érigé la lutte contre la pauvreté en « priorité du quinquennat », ont rappelé la ministre de la Transition écologique, la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion et le ministre des Solidarités et de la Santé. À cette occasion, les trois ministres ont énuméré les mesures mises en œuvre depuis septembre 2018.

Des investissements ciblés

Pour améliorer le pouvoir d’achat de ceux qui ne peuvent pas travailler et des travailleurs pauvres, plusieurs prestations sociales ont été revalorisées : allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), allocation aux adultes handicapés (AAH) et prime d’activité. Les familles monoparentales ont bénéficié de mesures dédiées : bonification de la prime d’activité, hausse de 30 % du complément de libre choix du mode de garde, déploiement d’un nouveau service public des pensions alimentaires. En 2019, grâce à ces mesures, le taux de pauvreté a diminué de 0,2 point, s’établissant à 14,6 %. Celui-ci a reculé encore plus vite pour les mineurs (- 0,8 point) et les familles monoparentales (- 2,5 points).

L’accès aux besoins essentiels

Afin d’améliorer l’accès aux droits, l’offre de domiciliation s’accroît et des ouvertures de droits vont être automatisées, comme l’accès à la complémentaire santé solidaire pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). 3 600 conseillers numériques sont recrutés et en cours de formation. 400 « points conseils budget » ont été ouverts sur tout le territoire et 100 nouvelles structures seront labellisées d’ici la fin de l’année.

Le « Ségur de la santé » et les Assises de la santé mentale sont venus acter le financement de modes de prise en charge innovants, basés sur l’« aller vers » pour lutter contre le non recours aux soins, et l’accompagnement à la fois sanitaire, social et psychologique des personnes en situation de précarité.

L’égalité des chances dès le plus jeune âge

Freinée par la crise sanitaire, la dynamique de création de places en crèche reprend sous l’effet des mesures correctrices du plan « Rebond », destinées notamment à réduire le reste à charge pour les communes les moins riches et à les accompagner en ingénierie. La mixité (succès du bonus « mixité » avec 84 000 places dès 2019) et la qualité des modes d’accueil (32 000 professionnels en formation) progressent, assure le gouvernement.

Malgré le contexte sanitaire, 100 000 élèves ont bénéficié de petits déjeuners gratuits lors de l’année scolaire 2020-2021 et près de 300 000 devraient en bénéficier lors de cette année scolaire. Près de 2,5 millions de repas à moins de 1 euro ont été servis dans les cantines des petites communes rurales. Enfin, l’État soutient l’effort des départements dans la lutte contre les sorties sans solutions de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

L’accès à l’emploi durable

Le plan « 1 jeune, 1 solution » (9 milliards d’euros) a bénéficié à plus de 3 millions de jeunes, étudiants, sans formation ou sans emploi, complété par des actions de repérage des publics invisibles financées dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences (PIC).

Une nouvelle obligation de formation pour les jeunes sans emploi ou formation à 16 ans a été mise en œuvre, pour organiser un meilleur repérage de ces jeunes par les services de l’Éducation nationale et les missions locales. 65 000 jeunes sur les 90 000 identifiés sont désormais pris en charge dans des solutions adaptées.

Par ailleurs, la priorité a été donnée à la simplification des parcours d’accompagnement des allocataires du RSA.

L’hébergement et le logement

Les résultats du plan « Logement d’abord » témoignent de sa réussite, se félicite le gouvernement. Du 1er janvier 2018 au 30 juin 2021, 280 000 personnes sans domicile fixe, à la rue ou en centre d’hébergement, ont accédé au logement grâce à ce nouveau modèle d’action.

Pendant la crise sanitaire, le gouvernement a, par ailleurs, apporté une réponse « exceptionnelle » aux besoins de mise à l’abri. 40 000 places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes en 2020-2021, portant le parc total à 200 000 places. À l’issue de la trêve hivernale, le gouvernement a décidé de mettre fin à la gestion dite « au thermomètre » et de maintenir ces places ouvertes. Cette décision s’accompagne d’une transformation qualitative du parc d’hébergement et d’actions ciblées répondant aux besoins de populations spécifiques. Ainsi, 1 000 places ont été financées pour des personnes ayant un long parcours de rue et des problématiques de santé mentale ou d’addiction, et 1 500 places sont dédiées aux femmes enceintes ou accompagnées d’un nourrisson.

Tous ces axes prioritaires reposent sur une méthode commune : « un fonctionnement décloisonné, un ancrage territorial et un travail partenarial ». La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté est résolument interministérielle et animée au niveau territorial par des commissaires régionaux à la lutte contre la pauvreté. Elle mobilise les compétences des collectivités territoriales, qu’il s’agisse des conseils régionaux, des conseils départementaux, chefs de file de l’action sociale, des intercommunalités et des communes.

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