Présentation de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté

Lutte contre les exclusions

La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté que vient de dévoiler le président de la République repose sur cinq engagements et 21 mesures.

Attendue pour avril, puis pour début juillet, la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a finalement été présentée par le président de la République ce jeudi 13 septembre. Son ambition : « Investir dans les solidarités pour l’émancipation de tous ». Pour cela, l’État promet de « faire plus que ceux qui ont moins ».

L’objectif « principal » affiché par Emmanuel Macron est d’engager « une révolution profonde » en matière de solidarité nationale « qui rende aux Français leurs droits, leur dignité, leur espérance ». Le chef de l’État l’a résumée autour de trois principes : « la prévention, qui attaque les inégalités avant qu’il ne soit trop tard, car c’est tout à la fois plus efficace et plus juste ; l’universalité, qui donne les mêmes droits à chacun, de manière transparente, parce que c’est le seul moyen de rebâtir la confiance dans notre système ; la dignité par l’aide, l’accompagnement, la présence, le travail comme clef de l’émancipation pour toutes celles et ceux qui peuvent y avoir accès, car c’est ce qui permet à chacun de véritablement construire sa vie ».

La stratégie nationale esquissée par le président de la République repose sur cinq engagements et 21 mesures pour aller « vers un nouveau modèle social de l’émancipation ». Le gouvernement y consacrera un peu plus de 8,5 milliards d’euros jusqu’à la fin du quinquennat. À savoir : plus de 2,1 milliards d’euros consacrés à l’investissement social et à la prévention de la pauvreté, plus de 2,5 milliards d’euros à l’accompagnement vers l’emploi et 3,9 milliards d’euros pour la revalorisation de la prime d’activité.

Voici les cinq engagements pris par le président de la République:

  • Engagement n°1 : L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté
  • Engagement n°2 : Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants
  • Engagement n°3 : Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes
  • Engagement n°4 : Vers des droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité
  • Engagement n°5 : Investir pour l’accompagnement de tous vers l’emploi

Ces cinq engagements sont donc assortis des 21 mesures suivantes :

1. Développer l’accueil de la petite enfance sur tout le territoire, avec un bonus dans les communes pauvres (+ 1 000 euros par place de crèche).

2. Favoriser la mixité sociale dès les premiers pas, avec un bonus mixité dans les crèches et le tiers-payant pour le recours à une assistante maternelle, sans avance de frais (jusqu’à 2 800 euros par an et par place pour 90 000 places et 75 millions d’euros).

3. Un plan de formation et un nouveau référentiel pour 600 000 professionnels de la petite enfance, en lien avec les formations des professeurs du 1er degré : afin de favoriser le développement de l’enfant et l’apprentissage du langage avant l’entrée à l’école maternelle.

4. Des parents accompagnés sur tout le territoire : renforcement des  PMI, 300 centres sociaux supplémentaires, développement des espaces-rencontres, lieux d’accueil enfant-parent, ludothèques.

5. Des réponses aux situations attentatoires aux droits de l’enfant : 125 millions d’euros pour développer et adapter l’offre d’hébergement et d’accompagnement vers le logement des familles, maraudes protection de l’enfance/État dans les métropoles pour lutter contre la situation des enfants à la rue et la mendicité.

6. L’accès à une alimentation équilibrée pour tous : offre de lait et alimentation infantiles à bas prix, un fonds pour proposer dans les écoles des petits déjeuners et développer l’éducation alimentaire en associant les parents, des tarifs de cantines accessibles à toutes les familles dans les petites communes fragiles.

7. Une prévention accrue en santé : création de 100 centres et maisons de santé dans les quartiers prioritaires, mobilisation de la médecine de ville en milieu scolaire.

8. Des moyens éducatifs renforcés dans les territoires fragiles : instruction obligatoire à 3 ans, dédoublement des classes de CP/CE1 en REP et REP +, propositions de 30 000 stages de qualité aux élèves de 3e des quartiers, programme « devoirs faits » en lien avec les dispositifs de réussite éducative, promotion de la mixité sociale au collège, expérimentation de territoires à haute qualité éducative et création de cités éducatives.

9. Une obligation de formation jusqu’à 18 ans pour assurer à tous les jeunes des compétences et mieux maîtriser leur destin.

10. Un accompagnement vers l’emploi des jeunes : plus de 100 millions d’euros consacrés à des solutions d’accompagnement vers l’emploi pour les jeunes les plus fragiles, en complément d’une extension de la Garantie jeunes ( 500 000 bénéficiaires entre 2018 et 2022).

11. Aide sociale à l’enfance, fin des sorties sans solutions à l’atteinte de la majorité du jeune : empêcher toute sortie sans solution en articulant la protection offerte par les départements et les dispositifs de droit commun de l’État.

12. Création d’une « Garantie d’activité » combinant accompagnement social renforcé et insertion dans l’emploi pour 300 000 allocataires par an : un suivi assuré par Pôle emploi dans le cadre de l’accompagnement global et par des opérateurs privés et associatifs choisis par appels d’offres commun État-département.

13. Pour les personnes exclues du marché du travail, des solutions adaptées afin de redonner à chacun une perspective d’emploi :  100 000 salariés supplémentaires accueillis dans le secteur de l’insertion par l’activité économique grâce à un investissement exceptionnel de l’État et essaimage d’expérimentations évaluées positivement pour les personnes les plus fragiles (« Territoires zéro chômeur de longue durée », Convergence, TAPAJ, SEVE notamment).

14. Pour généraliser l’accompagnement vers l’emploi des allocataires, un État garant du service public de l’insertion : renforcement des droits et devoirs et obligation contractualisée avec les départements de réaliser sous un mois l’instruction de la demande et l’orientation de tout nouveau bénéficiaire.

15. Un accès aux droits et aux services sociaux renforcés : garantir à chacun l’accès à une complémentaire santé en intégrant l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé dans la couverture maladie universelle complémentaire, généraliser les accueils sociaux et les référents de parcours pour lutter contre le non-recours, moderniser la délivrance des prestations sociales en favorisant les échanges de données entre opérateurs.

16. Vers un revenu universel d’activité : lancement d’une concertation pour établir un nouveau système de minima sociaux pour rendre notre modèle plus lisible, plus équitable et plus incitatif à la reprise d’activité avec une juste prestation réactive, calculée sur la base des revenus les plus récents.

17. Un « choc de participation » pour porter les politiques sociales avec les personnes concernées : généralisation des instances participatives et des comités d’usagers, renforcement de l’action collective, déploiement de nouveaux espaces de vie sociale pour lutter contre l’isolement et favoriser le lien social et culturel.

18. Une rénovation du travail social pour mieux accompagner les parcours de vie : ouverture des lieux de l’intervention sociale à toute la population ; transformation des formations du travail social pour développer les pratiques « d’aller vers » les personnes, création de nouveaux diplômes universitaires et de nouveaux métiers (écrivains publics, médiateurs sociaux, développeurs sociaux).

19. Un nouvel engagement des entreprises dans la lutte contre la pauvreté : développement des actions financées selon un modèle « ni gain ni perte » pour réduire les dépenses contraintes des personnes en situation de pauvreté, création de dotations d’action territoriale à partir du régime actuel du mécénat, lancement d’assises nationales sur la contribution de l’économie collaborative à la prévention et la lutte contre la pauvreté.

20. Un pacte social État/collectivités pour piloter la stratégie à partir des territoires : création d’un fonds de lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi, réorganisation de l’État social déconcentré à l’échelle régionale et définition d’un cadre de contractualisation exigeant.

21. Un fonds d’investissement social doté de 100 millions d’euros pour financer des appels à projets sur le développement complet de l’enfant dès la petite enfance, l’accompagnement éducatif renforcé, les parcours d’insertion des jeunes et l’accès aux droits et aux services.

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