Logement d’abord : 150 000 personnes sorties de la rue

Lutte contre les exclusions

Le ministère chargé de la Ville et du Logement vient de publier les résultats du plan Logement d’abord et de lancer son acte II.

Le ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, se félicite des résultats du plan Logement d’abord, rendus publics le 30 janvier 2020. Lancé par le président de la République en septembre 2017 pour répondre à la saturation des dispositifs d’hébergement, ce plan engage une réforme structurelle de l’accès au logement pour les personnes sans-domicile. Il repose, à la fois, sur un renforcement des capacités de mise à l’abri – + 14 000 places d’hébergement en 2 ans – et un meilleur accès au logement – 70 000 sorties de la rue ou de centres d’hébergement vers un logement en 2018.

Ces premiers résultats se sont confirmés en 2019, avec 81 000 personnes à la rue ou hébergées sorties vers un logement, rapporte le ministère. Pour atteindre ce résultat, l’ensemble des leviers ont été activés. À savoir :

  • Le logement social : plus de 51 000 personnes sont sorties de centres d’hébergement ou de la rue vers le parc social, contre 47 000 l’an dernier et 41 000 en 2017 ;
  • Le parc privé : 25 000 personnes ont bénéficié de l’intermédiation locative. Ce dispositif permet à un propriétaire privé de louer à un ménage précaire de façon sécurisée en passant par une association. La forte augmentation en un an (+ 20 %) s’explique, en particulier, par l’accroissement du parc, avec 8 200 places nouvelles ;
  • Le logement adapté : près de 5 000 personnes se sont installées en pensions de famille, qui allient logement privé et parties communes. Les 1 279 places créées en 2019 correspondent à des projets conçus avant le lancement du plan et le rythme devrait s’intensifier en 2020 et 2021.

Au total, plus de 150 000 personnes hébergées ou à la rue ont ainsi pu accéder à un logement en 2 ans avec le plan Logement d’abord. S’agissant plus spécifiquement des réfugiés, 20 800 ont pu accéder à un logement en 2019, grâce à l’action de l’État en lien avec les associations et les collectivités, précise le ministère de la Ville et du Logement.

Pour Julien Denormandie, « ces résultats réels reposent sur l’implication et l’action de l’ensemble des acteurs de l’hébergement et de l’accès au logement. Au regard des besoins cependant, il s’agit désormais de franchir une nouvelle étape. Comme le souligne la Fondation Abbé Pierre, la pierre angulaire de l’accès au logement est l’accompagnement. C’est l’axe majeur de l’acte II du Logement d’abord ». À cet effet, le fonds national d’accompagnement vers et dans le logement (FNAVDL) sera renforcé dès 2020 à la suite d’un accord entre l’État et les bailleurs sociaux, avec 15 millions d’euros supplémentaires apportés par ces derniers pour faciliter l’accès des personnes hébergées au logement, mais aussi agir en amont pour prévenir les ruptures et favoriser le maintien dans le logement, a annoncé le ministre.

« Ce renforcement vise à renforcer les liens entre monde de l’hébergement et monde du logement et à favoriser les partenariats entre bailleurs et associations, a précisé Julien Denormandie. Il concernera l’ensemble du territoire avec une déconcentration du choix des projets en lien avec les besoins identifiés au niveau local et les actions des territoires de mise en œuvre accélérée du plan logement d’abord ». Concrètement, le budget pour l’Île-de-France passera de 11 millions d’euros en 2019 à près de 17 millions d’euros en 2020. Une attention particulière sera portée à l’Outre-mer, avec un quasi-doublement des crédits consacrés, qui atteindront 1,5 million d’euros.

En appui de cette réforme structurelle, l’acte II du Logement d’abord doit reposer sur de nouvelles méthodes et de nouveaux outils. « Lors de mes visites dans les centres d’hébergement, je rencontre régulièrement des personnes prêtes au relogement, par exemple des travailleurs pauvres, qui sont depuis des mois hébergées et sans solution, a expliqué le ministre chargé de la Ville et du Logement. Ce n’est pas faute de pouvoir compter sur le travail formidable des travailleurs sociaux, mais ces derniers sont surchargés entre accompagnement social, l’accès aux soins, les enjeux de scolarisation des enfants ou encore la gestion de la vie en communauté. C’est pourquoi, je souhaite mettre en place une action pilote dédiée pour ces publics pour les orienter le plus rapidement vers un logement, avec la mise sur pied d’une mission d’appui aux centres d’hébergement centrée à 100 % sur l’accès au logement ».

Cette action sera lancée dès ce mois de février en Île-de-France, sous l’égide du préfet de région, préfet de Paris, pour renforcer la fluidité et désengorger les structures. 3 millions d’euros seront consacrés et plusieurs dizaines d’agents recrutés au sein de la structure pilote qu’est le groupement d’intérêt public « Habitat et interventions sociales ». Celui-ci mène déjà des actions fortes pour l’État en matière de relogement des réfugiés et de coordination d’accès au logement. Cette mission d’appui aux centres d’hébergement aura deux grands objectifs, a complété Julien Denormandie :

  • Accélérer le relogement des personnes hébergées avec un objectif accompagnement de 1 000 ménages supplémentaires ;
  • Former les travailleurs sociaux à l’accompagnement vers le logement en jouant un rôle de plate-forme de référence.

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