La Fédération des acteurs de la solidarité réclame une loi d’orientation de lutte contre l’exclusion

Lutte contre les exclusions

La loi d’orientation de lutte contre l’exclusion réclamée par la Fédération des acteurs de la solidarité devrait comprendre « quatre chantiers absolument prioritaires ».

Au lendemain de la déclaration de politique générale prononcée par le Premier ministre à l’Assemblée nationale, la Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe plus de 850 associations de lutte contre l’exclusion, a pointé, le 5 juillet 2017, « une déconnexion préoccupante entre ce discours et la réalité sociale du pays. »

En effet, si Édouard Philippe a posé les fondements de l’action de l’État pour les cinq prochaines années, sa déclaration « ne contenait aucune proposition de nature à réduire significativement la pauvreté », estime la Fédération. Celle-ci touche pourtant 9 millions de personnes soit un million de personnes supplémentaires depuis 2008, qui vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 000 euros par mois, rappelle-t-elle.

Agissant au quotidien auprès des personnes démunies, les acteurs du milieu associatif et de la société civile s’inquiètent de cette absence de propositions. «  Parce  qu’il faudra une volonté politique de  long terme, engageant l’ensemble du gouvernement », la Fédération demande que soit discutée au Parlement une  loi d’orientation de lutte contre l’exclusion «  dès la  rentrée.  » Celle-ci devrait comprendre « quatre chantiers absolument prioritaires.  »

À savoir :

  • L’accès au logement pour les personnes vivant à la rue et les 1,8 million de ménages en attente d’un logement social, pour certains hébergés depuis des années à l’hôtel avec leurs enfants
  • L’accès à l’emploi pour les 2,5 millions de personnes au chômage depuis plus d’un an, souvent sans qualification et qui ne peuvent attendre du seul (et potentiel) redémarrage de l’activité économique, le retour à l’emploi
  • L’accès à la santé pour les 14,6 millions de personnes qui vivent dans une zone où l’on manque de médecins généralistes, celles qui renoncent à se soigner pour des raisons financières ou encore celles que les professionnels de santé refusent de soigner du fait de leur situation sociale
  • L’accès à des moyens d’existence dignes pour les personnes en situation de pauvreté, en revalorisant le RSA, en éradiquant le non recours et en ouvrant cette prestation au moins de 25 ans

« Avant même le vote de cette loi, l’urgence impose de prendre des mesures immédiates pour l’hébergement et l’accompagnement des personnes les plus fragiles et notamment celles qui ont fui la guerre et l’extrême pauvreté et qui attendent une protection de la France face à des conditions d’errance indignes et mettant leur vie en danger », ajoute la Fédération des acteurs de la solidarité.

Posté le par Rédaction Weka

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