Le surendettement baisse en 2018, les femmes et les plus pauvres toujours plus vulnérables

Lutte contre les exclusions

Le nombre de dossiers de surendettement et le montant de la dette totale des ménages surendettés ont baissé en 2018, selon un rapport publié mardi 5 février 2019  par la Banque de France, qui souligne la vulnérabilité des femmes et des plus précaires face au surendettement.

L’an dernier, 162 936 dossiers de surendettement ont été déposés auprès des commissions de surendettement de la Banque de France, un chiffre en baisse de 10 % sur un an et de 27 % par rapport à 2013. Près de 91 % d’entre eux, soit 147 853 dossiers, ont été jugés recevables, précise l’instance. Le montant total de la dette contractée par les ménages éligibles à la procédure du surendettement a atteint 6,6 milliards d’euros, soit une baisse de 8,8 % sur un an et de plus de 20 % par rapport au pic de 2014. « On a une tendance à la diminution des dettes financières et à l’augmentation des arriérés et des charges courantes », a indiqué Stéphane Tourte, directeur des particuliers à la Banque de France, lors d’une conférence de presse.

Depuis 2011, la part des dettes de crédit à la consommation dans la dette globale des ménages surendettés a chuté de plus de 20 points, passant de 58,2 % à 37,8 % du total. En revanche, de 2010 à 2017, l’endettement immobilier a quasiment atteint le même niveau que le crédit à la consommation (35,2 % du total de l’endettement) alors qu’il ne concerne que 15 % des surendettés, les trois quart d’entre eux étant locataires. Les charges courantes, qui représentent 12 % de l’endettement total, plombent plus de 80 % des ménages surendettés, plus particulièrement en matière de logement.

« Les personnes surendettées sont le plus souvent isolées et dans une situation sociale difficile », a constaté le représentant de la Banque centrale, ajoutant que la situation familiale était « très discriminante », près de 70 % d’entre elles étant sans conjoint. Les femmes « sont davantage victimes du surendettement que les hommes », a également relevé M. Tourte, celles-ci étant plus souvent à la tête d’une famille monoparentale et percevant un revenu personnel médian inférieur de 23 % à celui des hommes. « Le surendettement au fil du temps s’est concentré sur des populations en situation de fragilité ou de précarité », a-t-il ajouté. Plus de la moitié des personnes surendettées vivent en-dessous du seuil de pauvreté contre 14 % de la population française, indique le rapport.

Conséquence, les procédures de rétablissement personnel, qui permettent l’effacement total des dettes en cas d’incapacité de remboursement, sont en constante augmentation. Elles ont ainsi concerné 45 % des dossiers de surendettement en 2018, un ménage sur deux n’ayant eu aucune capacité de remboursement l’an dernier.

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