Outre-mer : le CESE dénonce les inégalités dans l’accès aux services publics

Lutte contre les exclusions

Les Outre-mer souffrent « depuis des décennies de déficits dans l’accès aux services publics », relève le Conseil économique, social et environnemental, qui appelle à un « plan de rattrapage global » et à « un plan d’investissements », dans un rapport publié le 29 janvier 2020.

« Les disparités restent très importantes non seulement avec l’Hexagone, mais aussi entre les divers territoires d’Outre-mer et au sein même des différents territoires », précisent les autrices du rapport, Michèle Chay et Sarah Mouhoussoune, qui mettent en exergue les carence en matières de santé, d’éducation et d’environnement et font une vingtaine de préconisations pour améliorer la situation.

« La persistance d’écarts importants dans l’accès aux services publics avec l’Hexagone, crée de fortes tensions et des frustrations » dans ces territoires, soulignent-elles. Des mouvements sociaux ont ainsi eu lieu à La Réunion, en novembre et décembre 2018, aux Antilles en 2008 et 2009, à Mayotte en octobre 2011 et en 2018, et en Guyane en 2017.

« La Guyane, Mayotte et Saint-Martin connaissent des difficultés particulièrement inquiétantes », remarquent-elles, soulignant par exemple que Mayotte ne dispose que d’un seul centre hospitalier et compte « 80 médecins pour 100 000 habitants, alors que la moyenne nationale se situe à 437 ».

En matière d’éducation, l’insuffisance de constructions scolaires est « un problème récurrent ». « Beaucoup d’écoles sont surchargées », notamment à Mayotte, où « il faudrait construire une salle de classe par jour pour scolariser tous les enfants ».

L’étude souligne aussi les pollutions qui affectent les Outre-mer : chlordécone aux Antilles, mercure et cyanure (utilisés dans l’extraction aurifère) en Guyane, « effets sanitaires délétères » des essais nucléaires en Polynésie française, conséquences sanitaires « encore mal connues » de l’exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie.

Problèmes d’accès à la justice, manque d’infrastructures de transport, fracture numérique, réseaux d’eau et d’assainissement « défaillants », « pénurie de logements sociaux » : le CESE dénonce « l’inégalité profonde dans laquelle se trouvent les Outre-mer », et propose d’adapter les effectifs de police, justice et gendarmerie, de renforcer le maillage territorial de santé, d’investir massivement dans l’éducation, ou encore de développer les maisons de services au public.

Pour le CESE, « les politiques publiques doivent intégrer une vision de long terme des Outre-mer consistant moins à les considérer comme des territoires à assister socialement et davantage comme des lieux où l’État doit investir ».

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