Sans-abri : la FNARS se fait la voix des « oubliés de l’été »

Lutte contre les exclusions

Selon la FNARS, le manque de solutions d’hébergement est encore plus prégnant l’été que l’hiver.

La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) a publié, le 16 août, les résultats du baromètre 115 synthétisant les demandes et réponses faites au numéro d’urgence au cours du mois de juillet 2016 dans les 45 départements étudiés et à Paris. En ce mois de juillet, dans les 45 départements hors Paris, près de 90 000 demandes ont été faites au 115 et  seules un tiers d’entre elles ont abouti à un hébergement. Au total, 21 500 personnes ont appelé le numéro d’urgence, soit une augmentation de 2,4 % sur un an. La fédération constate également un net accroissement (+ 21 %) des demandes de prestations (aide alimentaire, soins, hygiène, maraudes), témoignant « d’une aggravation de la situation sanitaire et sociale des personnes à la rue. ».

Sur les 21 500 personnes différentes ayant appelé le 115, 11 000 n’ont jamais été hébergées, nombre en forte hausse depuis cet hiver. « En cause : la fermeture de milliers de places hivernales, alors que la demande d’hébergement est aussi forte l’été que l’hiver », explique la FNARS. La situation est « très critique » dans 8 des 45 départements du baromètre (notamment le Rhône, l’Isère, la Gironde…), où le taux d’attribution a été inférieur à 20 % en juillet. Les personnes isolées sont particulièrement touchées par ce manque de solutions d’hébergement. Leur taux d’attribution a chuté de 6 % depuis l’été 2015. Les femmes seules sont les plus impactées, puisque seulement 11 % d’entre elles se sont vues attribuer une place d’hébergement suite à leur demande.

Phénomène également « très inquiétant » : la forte progression sur une année des jeunes de 18 à 24 ans qui sollicitent le 115. Ils représentent une part importante des personnes isolées appelant le numéro d’urgence, « traduisant une paupérisation des jeunes ». La situation des mineurs non accompagnés est, elle aussi, « préoccupante » : leur nombre a progressé de 66 % sur la même période.

Face à ces constats, la FNARS rappelle « l’importance de garantir une mobilisation constante autour des personnes à la rue, été comme hiver, en adaptant le parc d’hébergement et de logement aux besoins réels des plus démunis. Il faut sortir définitivement de la gestion saisonnière de l’exclusion en mobilisant toute l’année de nouvelles capacités d’hébergement et de logements très sociaux, qui manquent cruellement aujourd’hui ».

La fédération alerte également sur la situation des jeunes isolés, qui « atteste d’une dégradation des conditions de vie des moins de 25 ans ».

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