Les DG veulent peser dans la campagne présidentielle

Publié le 6 octobre 2026 à 16h00 - par

À l’occasion de la dernière édition de Territorialis, la présidente du SNDGCT a fait le point sur le mercato des DG, important et plutôt violent suite aux dernières municipales. Par ailleurs, pour la première fois, le syndicat veut avoir une place dans la campagne de l’élection présidentielle de 2027 en préparant une série de propositions qu’il remettra aux candidats en mars prochain.

Les DG veulent peser dans la campagne présidentielle
© Karine Berthet Icard - Hélène Guillet, présidente du SNDGCT, Territorialis à Reims les 1er et 2 octobre 2026

« Depuis quelques semaines, j’entends comme tout le monde la petite musique de fond devenir un bruit ambiant assourdissant sur la place des collectivités, leur coût et le nombre d’agents. Mais ne manquerait-il pas une question essentielle : qui fait ? qui transforme une décision en école ouverte, en eau du robinet, en crise tenue jusqu’à 3 h du matin ? ». Dans son discours d’ouverture de Territorialis, qui s’est tenu les 1er et 2 octobre à Reims, Hélène Guillet, la présidente du SNDGCT (Syndicat national des directions générales des collectivités territoriales), prédit que le sujet du coût des collectivités et des fonctionnaires va occuper une place centrale dans la campagne présidentielle de 2027. Avec son lot de propos souvent caricaturaux.

Six chantiers dirigés par des binômes de DG

« Le SNDGCT ne fait pas le choix de commenter mais de proposer », lance la DGS du centre de gestion de Loire-Atlantique. Et de pointer « le débat électoral qui oublie totalement le rôle et la place des agents territoriaux ».
Concrètement, six chantiers ont été ouverts lors de la conférence nationale du syndicat à Agen en juin dernier. Coordonnés par Emmanuel Gros, 1er vice-président national du SNDGCT et DGS de Vannes, ils sont dirigés chacun par un binôme de DG. Le détail de ces chantiers : reterritorialiser (coopération avec les collectivités voisines sur des projets communs), refonder la soutenabilité (transition écologique), réarticuler le politique et l’administratif (la confiance doit s’organiser pour bien fonctionner entre l’exécutif et le DG), considérer le service public comme un bien commun, préparer la grande transition humaine (44 % des agents de la FPT ont plus de 50 ans), savoir qui gère l’IA, la cybersécurité et les données dans les petites collectivités.

Remise des propositions en mars aux candidats

Des rendez-vous d’étape vont avoir lieu dont le premier sur le Salon ou le Congrès des maires, la semaine du 23 novembre, avec une présentation de l’ébauche des propositions des six chantiers mais aussi de leurs conditions de mise en œuvre. « Ce sont les maires en premier lieu que nous voulons convaincre », souligne Hélène Guillet. Au-delà de l’AMF, elle se dit également preneuse d’échanges avec l’ensemble des associations d’élus locaux.
Le deuxième rendez-vous se déroulera fin janvier lors de la conférence nationale du SNDGCT, avant de remettre, en mars, les propositions à tous les candidats à la présidentielle. « S’inviter ainsi dans le débat présidentiel constitue vraiment une première pour nous mais cela paraissait indispensable compte tenu de la médiocrité du débat actuel », lâche-t-elle.

Un mercato plus important et plus violent

« Il y a de la violence ressentie et du droit bafoué ». Près de six mois après les élections municipales, Hélène Guillet, décrit ainsi la « première vague du mercato des DG » post-scrutin, à l’occasion de la dernière édition de Territorialis. Pas encore de chiffres définitifs et consolidés mais des premières tendances qui traduisent « un phénomène amplifié par rapport aux précédents scrutins » et « de nombreuses situations non conformes au droit » avec à la clé des violences fréquentes : comportements humiliants, harcèlements dans le but de faire partir, agressions verbales… « La décharge de fonctions a beau constituer la règle, il faut que ça se passe dans de bonnes conditions », insiste Hélène Guillet. Les situations difficiles du cru 2026 s’observent beaucoup dans les communes de moins de 20 000 habitants, constate-t-elle.

Soutien psychologique et professionnel

« Le SNDGCT ne s’oppose jamais à une décharge de fonctions, précise Yvan Bregeon, son vice-président et DGS de Gradignan. Mais nous travaillons avec les associations locales de maires pour leur rappeler son cadre légal et ce qu’il n’est pas possible de faire ». Et d’ajouter que le réseau de médiation du syndicat est présent dans toute la France pour tenter d’apaiser les situations et de trouver des solutions.
Côté chiffres, le réseau juridique du SNDGCT a déjà enregistré 195 sollicitations dont 80 liées à une fin de détachement sur emploi fonctionnel (FDEF). Pour sa part, le réseau de médiation a eu 116 saisines, dont 71 personnes en situation ou risque de FDEF. Déployant une action de prévention vis-à-vis des DG, le syndicat les accompagne par du soutien psychologique (41 personnes prises en charge) et de l’aide à la mobilité professionnelle (40 dossiers et CV transmis), notamment avec des cabinets de recrutements.
Hélène Guillet prévoit également une deuxième vague de mercato qui va démarrer cet automne, et dont il est encore difficile de savoir l’ampleur.

Philippe Pottiée-Sperry


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