L’État a les moyens de créer 22 000 emplois pour la dépendance, selon l’AD-PA

Personnes âgées

L’AD-PA, qui regroupe les directeurs de services à domicile et d’établissements pour personnes âgées, a estimé jeudi 3 octobre que l’État avait les moyens de créer 22 000 emplois pour la dépendance en 2014, en utilisant « des crédits déjà votés par le Parlement ».

« L’État peut créer 22 000 emplois dans le secteur de l’aide aux personnes âgées, pour les établissements et  services à domicile, dès le 1er janvier 2014″, a proposé le président de l’association, Pascal Champvert, lors d’une conférence de presse, rappelant qu’à terme, les besoins sont estimés à « 300 000 à 500 000 emplois ».

Le chiffre de 22 000 correspond à environ un emploi par établissement et service d’aide à domicile, puisqu’ils sont plus de 20 000 en France, a-t-il précisé. Ces emplois pourraient, selon lui, être financés en utilisant le produit d’une taxe de 0,3 % instaurée en avril dernier sur les pensions des retraités imposables, qui doit rapporter plus de 600 millions d’euros en 2014, ainsi que 170 millions d’euros que « l’État a repris en 2013 sur les crédits de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) pour aider les départements à assumer leurs dépenses sociales ».

Or, l’État propose, dans le projet de budget 2014 de la Sécurité sociale, d’affecter le produit de cette taxe, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa), non pas au financement de la future loi sur l’autonomie des personnes âgées comme cela était prévu, mais au Fonds de Solidarité pour la Vieillesse (FSV), qui finance notamment le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs. Bercy explique cette décision par le fait que le projet de loi, qui n’est pas encore prêt, sera « vraisemblablement appliqué fin 2014 » seulement.

M. Champvert s’est de nouveau insurgé de ce « détournement » : « c’est très simple de piquer de l’argent à des vieilles dames Alzheimer ! c’est pas elles qui descendront dans la rue ! », a-t-il protesté. « Nous demandons solennellement à l’État de revenir sur cet arbitrage ». Il a vanté la « simplicité » du « dispositif emploi autonomie » imaginé par l’AD-PA pour que chaque établissement ou service crée, selon ses besoins, un emploi de psychologue, animateur, assistant de vie sociale ou personnel d’entretien ou de ménage, avec les crédits qui lui seraient attribués directement par la CNSA ou les départements.

L’AD-PA estime que dans le secteur de l’aide à domicile, « 8 000 emplois ont été détruits l’an dernier », en raison d’une allocation personnalisée à l’autonomie (APA) trop faible car fixée « non pas en fonction des besoins des personnes, mais des ressources des départements ».

Le gouvernement précédent avait débloqué un fonds d’urgence pour l’aide à domicile en  2012, qui a été augmenté en 2013 par l’actuelle majorité (50 millions d’euros).

 

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