Maisons de retraite médicalisées: quel avenir pour les groupes commerciaux ?

Personnes âgées

Une récente étude du cabinet Xerfi-Precepta apporte aux dirigeants du secteur commercial des EHPAD des clés pour préparer l’avenir.

Sous le titre « Maisons de retraite médicalisées. Nouvelle configuration du secteur : les opérateurs face au tournant de la réforme des appels à projet », le cabinet Xerfi-Precepta, spécialiste des études économiques sectorielles, a publié, mi-juillet, une volumineuse étude (418 pages), fruit de six mois d’investigation, sur l’avenir des groupes privés à but lucratif gérant des EHPAD. « Les conditions d’activité et de développement dans le secteur des maisons de retraite médicalisées sont en passe d’être complètement reconfigurées », explique Emmanuel Sève, directeur d’études, spécialiste Santé au sein de Xerfi-Precepta. L’analyse menée par Xerfi-Precepta a permis de « dégager plusieurs impacts essentiels de ce nouvel environnement sur l’activité des opérateurs. »

Un secteur de plus en plus professionnalisé et une croissance externe

Tout d’abord, la professionnalisation du secteur va s’accélérer, prédisent les auteurs de l’étude. De fait, des exigences renforcées vont valoriser le développement de certaines compétences et ressources : capacité financière, expérience dans l’obtention d’autorisations administratives, capacité d’adaptation de l’offre aux priorités des agences régionales de santé (ARS)…
Ensuite, Xerfi-Precepta invite les opérateurs commerciaux à procéder par croissance externe, « levier essentiel pour satisfaire l’appétit des leaders. »

« Les opérateurs se développent encore aujourd’hui grâce aux projets précédemment engagés, mais, dès 2013, les réservoirs de croissance seront très largement asséchés. La croissance externe sera donc le moteur essentiel du développement au sein du secteur. Elle va en outre nécessairement s’accélérer, compte tenu de « l’obligation de croissance » des principaux leaders », précise Emmanuel Sève.

De nouveaux modèles économiques

Selon Xerfi-Precepta, de nouveaux modèles économiques sont à élaborer dans ce secteur d’activité. Exposés à des risques de chute de leur rentabilité, les opérateurs privés devront « soit faire évoluer leur modèle économique, soit s’orienter vers de nouveaux relais de développement. Ces relais peuvent d’ailleurs s’avérer complémentaires et synergiques. On pense naturellement aux liens entre activités médico-sociales et sanitaires. Mais un grand chantier d’innovation relève tout autant de l’élaboration de solutions faisant le lien entre les EHPAD et des offres de maintien à domicile et/ou d’hébergement intermédiaire s’adressant aux personnes non dépendantes. »

Parallèlement, Xerfi-Precepta entrevoit « des perspectives d’hybridation auprès du secteur non lucratif. »
  « Dans le cadre de schémas de développement, mais souvent plus simplement pour assurer leur pérennité », les opérateurs non lucratifs « vont, de plus en plus, être tentés de recourir à l’aide du secteur commercial, de ses moyens financiers et de ses expertises, annonce Emmanuel Sève. Des modalités partenariales multiples se dessinent ainsi pour les opérateurs commerciaux (mutualisation de moyens, délégation de gestion…). »

Des stratégies à revoir

Pour l’avenir, les quatre groupes leaders du secteur (Orpea, DVD, Korian et Medica) apparaissent, aux yeux de Xerfi-Precepta, les mieux armés et « a priori les mieux structurés pour tirer parti de ce nouveau cadre d’activité et de développement. » A l’inverse, « quatre catégories d’opérateurs, les plus fragilisées, sont amenées à s’interroger sur leur positionnement et/ou, dans une logique patrimoniale, sur leur participation au processus de consolidation qui va s’accélérer », prédit Emmanuel Sève. A savoir :
–   Les EHPAD isolés de petite taille, confrontés à une problématique d’assise financière ;
–   Les groupes de petite taille, confrontés à la nécessité de sophistiquer leurs structures, mais n’exploitant, en parallèle, que de faibles économies d’échelle et synergies liées à la taille ;
–   Les opérateurs haut de gamme, dont les relais de développement apparaissent limités (dans les EHPAD tout au moins). L’avenir des créations et extensions est à un marché de gamme intermédiaire permettant de répondre aux attentes de la majeure partie de la population française ;
–   Les développeurs-promoteurs ayant comme point fort essentiel une maîtrise de l’ingénierie de projets immobiliers. Elle leur a permis, dans certains cas, de croître à une vitesse fulgurante au sein du secteur, grâce à la génération de cash procurée par l’activité immobilière. Ces modes de développement vont devenir impossibles à tenir dans les années à venir.
 

Posté le par Rédaction Weka

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