Personnes âgées à domicile : quelle implication de l’entourage et des professionnels ?

Personnes âgées

En 2008, 3,6 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus et vivant à domicile étaient régulièrement aidées, en raison d’un problème de santé ou d’un handicap.

A partir des réponses à l’enquête Handicap-Santé réalisée conjointement par la DREES et l’INSEE en 2008, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) propose un état des lieux de l’aide reçue par les personnes âgées vivant à domicile, et en particulier l’aide apportée par leur entourage (Etudes et résultats n° 771, août 2011). D’après cette enquête, 3,6 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus et vivant à domicile étaient aidées régulièrement, en raison d’un problème de santé ou d’un handicap, dans les tâches de la vie quotidienne, financièrement ou par un soutien moral. Elles représentaient plus d’un quart (28%) des personnes de cette classe d’âge vivant à domicile.
Sans surprise, le recours à l’aide augmente graduellement avec l’âge, le vieillissement s’accompagnant d’une augmentation de la perte d’autonomie. De même, le recours à l’aide est très lié au degré de dépendance, mesuré par l’indicateur du groupe iso-ressource (GIR). Ainsi, la totalité des personnes âgées relevant des GIR 1 à 3 (les plus dépendantes), 97% des personnes estimées en GIR 4 et 85% des personnes relevant du GIR 5 sont aidées.

Parmi les personnes âgées aidées, 48% reçoivent uniquement une aide de leur entourage, 20% uniquement l’aide de professionnels et 32% une aide mixte, provenant à la fois de leur entourage et de professionnels. Ainsi, huit personnes âgées aidées sur dix le sont au moins par leur entourage, dont une sur quatre est aidée au moins par un proche qui réside avec elle (cohabitant). L’avancée en âge s’accompagne d’une augmentation de l’aide mixte, avec la combinaison de l’aide de professionnels et de l’entourage : 17% des personnes aidées âgées de 60 à 74 ans bénéficient d’une aide mixte, contre 40% des 75 ans ou plus. Les personnes aidées les plus âgées recourent, en effet, davantage à l’aide de professionnels, combinée ou non à celle de l’entourage. Cette solution concerne 31% des personnes aidées âgées de 60 à 74 ans, 56% de celles de 75 à 84 ans et 73% des 85 ans ou plus. « Cependant, cette aide des professionnels complète celle de l’entourage plus qu’elle ne s’y substitue, puisque huit personnes sur dix âgées de 85 ans ou plus reçoivent régulièrement au moins l’aide de leur entourage », note l’étude.
L’augmentation du degré de dépendance mesuré par le GIR se traduit également par une prépondérance de l’aide mixte, qui concerne la plupart (71%) des personnes âgées aidées très dépendantes (GIR 1 et 2), mais peu (20%) de personnes âgées aidées autonomes (GIR 6). Par ailleurs, les personnes âgées vivant seules recourent, plus souvent que les autres, à l’aide d’un ou plusieurs professionnel(s) : 69% des personnes âgées aidées vivant seules reçoivent l’aide de professionnels, contre 39% de celles qui ne vivent pas seules.

La moitié des personnes âgées aidées vivant à domicile reçoivent régulièrement l’aide d’une seule personne (d’un professionnel ou de l’entourage), un quart l’aide de deux aidants et un autre quart l’aide de trois aidants ou plus. Logiquement, le nombre moyen d’aidants croît avec le degré de dépendance. Parmi les personnes âgées aidées par leur entourage, 69% le sont par un seul aidant. Cet aidant unique est le conjoint, dans 45 % des cas, et un enfant dans 31% des cas. Quand les personnes âgées sont aidées par un ou des professionnel(s), 74% le sont par un seul intervenant. Il s’agit d’une aide à domicile ou d’une aide ménagère, dans 89 % des cas, et, dans 8% des cas, d’un intervenant professionnel du secteur sanitaire (infirmier, aide-soignant, kinésithérapeute…).

Six personnes âgées aidées sur dix déclarent bénéficier pour les tâches de la vie quotidienne au moins de l’aide de leur entourage et la moitié au moins de celle de professionnels. Ainsi, au total, 88% des personnes âgées aidées bénéficient d’une aide à la vie quotidienne de la part de professionnels ou de leur entourage. Ceux qui n’en bénéficient pas reçoivent, essentiellement, exclusivement un soutien moral (10%), parfois associé à une aide financière (2%). L’aide financière et matérielle apportée par l’entourage pour des raisons de santé ou de handicap est plus rare et concerne 14% des personnes âgées aidées. Elle s’accompagne alors, presque toujours, d’autres formes d’aide. Le soutien moral tient une place importante pour les personnes âgées aidées, puisque 64% d’entre elles déclarent en bénéficier régulièrement. Il est, le plus souvent, associé à une autre forme d’aide et seuls 17% des personnes âgées aidées reçoivent uniquement un soutien moral de la part de leur entourage. L’aide de l’entourage combine une aide aux tâches de la vie quotidienne et un soutien moral pour 35% des personnes âgées aidées.

Dans l’enquête servant de base à l’étude de la DREES, l’aide à la vie quotidienne a été déclinée en huit postes d’activité : les soins personnels (toilette, habillage, repas), les tâches ménagères, les démarches administratives, assurer une présence, vérifier ce que la personne fait, s’occuper des problèmes de santé, faire les courses, aider pour d’autres activités. Que l’aide à la vie quotidienne provienne de l’entourage ou de professionnels, la prise en charge des tâches ménagères demeure la plus courante : 75% des personnes âgées aidées reçoivent une aide pour les tâches ménagères de la part de professionnels ou de leur entourage (46% au moins l’aide de professionnels et 41% au moins celle de leur entourage). « Mais, alors que l’aide des professionnels se polarise sur les soins personnels et les tâches ménagères, celle de l’entourage est plus diffuse et concerne l’ensemble des activités de la vie quotidienne », commente l’auteur de l’étude.

Une personne âgée sur trois aidée par des professionnels reçoit au moins une aide quotidienne. La moitié des personnes âgées aidées par des professionnels, avec ou sans aide de l’entourage, reçoivent leur aide pendant au moins l’équivalent de 35 minutes par jour. Pour les personnes âgées très dépendantes (GIR 1 et 2), ce volume d’aide professionnelle médian équivaut à 2 heures 10 par jour, contre 25 minutes par jour pour les moins dépendantes (GIR 5 et 6). Parmi les personnes âgées aidées par un ou plusieurs proches non cohabitant pour la vie quotidienne, les deux tiers (68%) reçoivent leur aide plusieurs fois par semaine. La moitié des personnes âgées aidées par un proche pour les activités de la vie quotidienne le sont au moins 1 heure 40 par jour.
Enfin, « une personne âgée aidée sur trois déclare ne pas recevoir toute l’aide dont elle aurait besoin », conclut l’étude de la DREES.
 

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