Personnes âgées isolées : le projet Monalisa se déploie

Personnes âgées

Dix ans après la canicule, la Mobilisation nationale contre l’isolement social des âgés vise « à promouvoir les liens intergénérationnels par du bénévolat de proximité pour éviter ou rompre l’isolement des personnes âgées ».

La ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, Michèle Delaunay, a effectué un déplacement à Amiens, ce vendredi 12 avril, pour promouvoir son projet Monalisa. Acronyme de Mobilisation nationale contre l’isolement social des âgés, Monalisa est un groupe de travail composé d’une trentaine d’associations et opérateurs publics et parapublics (CNAV, UNCCAS, MSA, CNSA…), « tous déjà actifs dans le combat contre la solitude des âgés », précise le ministère.

Animé par Jean-François Serres, secrétaire général des Petits Frères des Pauvres, il vise « à promouvoir les actions bénévoles de proximité et à favoriser les coopérations entre acteurs associatifs, professionnels et institutionnels, pour encourager les liens intergénérationnels, afin de rompre l’isolement des personnes âgées ».

Brigitte Ayrault, la femme du Premier ministre, a accepté d’être la marraine du projet Monalisa et d’accompagner Michèle Delaunay lors de déplacements destinés à faire connaître cette initiative. À Paris et à Lens récemment, à Amiens ce 12 avril et prochainement à Nantes et Marseille.

L’isolement social des âgés constitue « un facteur indéniable de la perte progressive d’autonomie, explique le ministère. La solitude est, par ailleurs, un catalyseur de toutes les autres formes d’exclusion ». C’est pourquoi Michèle Delaunay a lancé, le 14 décembre 2012, l’opération Monalisa. Cette mobilisation se concrétise, en ce mois d’avril, par la mise en place du groupe de travail évoqué, qui rendra fin juin un rapport à la ministre.

« L’allongement de la vie doit être considéré par la société comme une chance, assure-t-elle. Notre espérance de vie en permanente progression est l’opportunité de renforcer l’échange d’expériences entre générations, la transmission d’une mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective, la passation de valeurs et ainsi le mieux vivre ensemble ». Se mobiliser contre l’isolement des âgés, « c’est lutter contre la perte de sens parfois ressentie par notre société, notamment par les plus jeunes, poursuit Michèle Delaunay. Ce n’est pas seulement défendre les droits des âgés à être considérés comme acteurs de la cité, c’est également reconsidérer l’apport de chacun pour la collectivité et la réciprocité qui lui est inhérente ».

Cette mobilisation nationale doit, également, contribuer à changer le regard sur l’âge, « qui, loin d’être une charge et une seule source de questionnements, d’inquiétudes, est aussi une chance, insiste la ministre. Il est surtout pour chacun, jeunes, moins jeunes et âgés, l’opportunité d’apprendre à travers ce rapprochement, de toucher à la plus grande richesse qui soit, la richesse humaine ».

Enfin, Monalisa doit permettre d’agir sur la prévention des petites pertes d’autonomie et réduire la période de grande perte d’autonomie, qui n’est pas inéluctable : une personne âgée isolée doit être repérée pour être accompagnée dans les meilleures conditions.

Le projet Monalisa affiche trois objectifs :

– Déployer le bénévolat et faire de la lutte contre l’isolement des âgés un axe majeur de l’implication citoyenne.

– Favoriser l’échange de bonnes pratiques et mettre en convergence les actions menées aujourd’hui, de façon à assurer un meilleur maillage territorial.

– Créer un partenariat avec le ministère pour assurer une meilleure visibilité de ces actions.

Au niveau local, les acteurs qui luttent contre l’isolement des personnes âgées peuvent être nombreux et variés. Dans le cadre de l’opération Monalisa, ils interviendront « pour faciliter la mise en place d’équipes citoyennes et de leurs projets, en apportant leur contribution à la veille sur les territoires, au signalement des situations d’isolement, à l’orientation des citoyens-candidats bénévoles, aux partenariats nécessaires au projet d’équipe… », détaille le ministère. Des citoyens ne souhaitant pas s’engager directement dans une équipe mais apporter leur soutien à  la mobilisation pourront aussi être partenaires « relais Monalisa » en contribuant à titre individuel. Par exemple, les commerçants de proximité au contact régulier des personnes âgées de leur quartier.

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum