UNA : faire sortir l’aide aux aidants du caractère expérimental

Personnes âgées

Selon l’UNA, « il faut réussir à mieux articuler prise en charge collective, participation individuelle et mobilisation des solidarités familiales » aux services des personnes âgées en perte d’autonomie.

Le projet de loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement, présenté mi-février par le Premier ministre, consacre plusieurs articles aux aidants, assortis d’une enveloppe prévisionnelle de 80 millions d’euros. « C’est une initiative positive, se réjouit l’UNA. Les politiques publiques, en effet, doivent prévoir un accompagnement pour rompre l’isolement des aidants, dont 75 % sont des femmes ».

Toutefois, l’UNA entend rester vigilante. « Nous devons garder une grande lucidité. Dans une période de crise des finances publiques, une dérive est possible, qui n’est pas, reconnaissons-le, la voie que souhaite emprunter le gouvernement ». En effet, une récente étude de la Drees indique que les plans d’aide pour l’APA ont baissé de 4 % entre 2007 et 2011, rappelle l’Union. Cette étude va dans le même sens que celle consacrée aux évolutions de l’aide sociale départementale. « Il faut donc prendre garde à ne pas remplacer, sans bruit, une partie du travail accompli par les professionnels par l’entourage des personnes, insiste l’UNA. La dignité de la relation aidant/aidé doit être préservée. Certains soins, d’hygiène en particulier ne doivent pas être accomplis par l’aidant, mais par un professionnel extérieur ».

Pour l’UNA, la première aide à apporter aux aidants familiaux est donc de créer et structurer l’offre de services adaptés aux besoins des personnes âgées dépendantes, en leur permettant d’y accéder dans des conditions financières raisonnables. C’est l’objet d’autres volets du projet de loi, reconnaît-elle. « Solidarités familiales et solidarités collectives se renforcent mutuellement, explique l’Union. Il s’agit d’assurer aux personnes dépendantes une prise en charge de qualité, respectueuse de leurs aspirations et de leurs modes de vie, mais aussi des contraintes et des choix de leurs familles et de leurs proches ».

Le soutien aux aidants familiaux suppose que des actions spécifiques soient engagées pour faciliter leur rôle et soulager les contraintes pesant, notamment, sur leur vie quotidienne, leur vie professionnelle, leurs relations familiales et leur santé, poursuit l’UNA. Aussi, « développer une politique de prévention en termes de santé concernant les aidants familiaux est aussi une nécessité ». Cette question devrait être intégrée à la formation initiale et continue des professionnels de santé et du secteur médico-social.

« Il faut réussir à mieux articuler prise en charge collective, participation individuelle et mobilisation des solidarités familiales », explique l’UNA. Son réseau s’y prépare ou est déjà dans l’action. Ainsi, une enquête menée avec l’Association Française des aidants, au printemps 2013, a fait apparaître « une très forte mobilisation » des structures de soins et de services à domicile dans l’accompagnement des proches aidants. Auparavant, un guide de l’accompagnement des aidants familiers avait été élaboré, dès 2010, dans le cadre d’un partenariat avec Chorum et la Mutualité Française. Enfin, un groupe de travail consacré aux aidants a été mis en place par la fédération en janvier 2014.

« Il faut faire sortir l’aide aux aidants du caractère expérimental », conclut l’UNA. D’après l’enquête citée précédemment, seules un tiers des structures bénéficient actuellement de financement dans leurs prestations auprès des proches aidants. Pour celles qui en bénéficient, il existe une diversité de financeurs : conseil général, ARS, caisses de retraite-prévoyance, communes, mutuelles et autres financements privés.

Dans le cadre de la concertation sur le projet de loi, UNA a proposé que les financements consacrés à la prévention ou aux missions d’intérêt général soient gérés de manière concertée entre tous ces financeurs. Les « outils » prévus par le texte gouvernemental – conseil départemental solidarité autonomie et conférence départementale des financeurs – « vont dans ce sens, à condition que les partenaires, dont le réseau de l’aide à domicile, soient pleinement associés aux travaux qui en découleront ».

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