Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) se manifeste le plus souvent dès l’enfance et perdure tout au long de la vie. Identifier le plus tôt possible les signes d’un TSA, y compris chez le nourrisson, permet de mettre en place des interventions précoces, adaptées et régulières. La Haute Autorité de santé (HAS) a donc publié, le 12 février 2026, de nouvelles recommandations intitulées « Trouble du spectre de l’autisme (TSA) : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent ». Objectif : aider les professionnels dans leurs pratiques, qu’ils soient issus du secteur sanitaire, social, médico-social ou encore de l’éducation. « L’enjeu est d’assurer à chaque enfant un parcours de vie cohérent et inclusif en favorisant son autodétermination », assure la HAS.
Depuis ses précédentes recommandations, émises en 2012, la classification médicale de référence a évolué, remplaçant le terme « troubles envahissants du développement » (TED) par « trouble du spectre de l’autisme » (TSA), la compréhension du TSA et des troubles associés s’est affinée et des politiques publiques nationales ont été mises en œuvre sous la forme de plans et stratégies pour l’autisme. « Pour prendre en compte les avancées scientifiques et l’évolution des pratiques professionnelles », la HAS a élaboré de nouvelles recommandations concernant le nourrisson, l’enfant et l’adolescent et fait le point, notamment, sur les interventions recommandées et celles qui ne peuvent l’être. « L’objectif est d’améliorer et d’harmoniser les modes d’accompagnement et les pratiques de soins et d’interventions proposés aux enfants autistes, afin de favoriser leur développement et leurs apprentissages et, ainsi, leur garantir un parcours de vie de qualité, dans une société plus inclusive », explique la Haute Autorité de santé.
Pour des interventions précoces, développementales et comportementales
Pour favoriser la généralisation des apprentissages des enfants et adolescents autistes dans la vie quotidienne, la HAS incite à intervenir le plus précocement possible. Les interventions qu’elle recommande sont développementales et comportementales. Celles-ci concernent plusieurs domaines, comme la communication, les habiletés sociales, la motricité ou encore la sensorialité. Elles s’inscrivent dans un parcours prenant en compte les caractéristiques spécifiques de chaque enfant ou adolescent, ainsi que celles de sa famille, et au sein duquel interviennent un ensemble large et pluridisciplinaire de professionnels (médical, social et médico-social, éducatif, etc.). La HAS préconise d’évaluer au moins une fois par an, en collaboration avec les parents, les effets des interventions sur le développement de l’enfant, ainsi que leur acceptabilité. Enfin, des aides techniques peuvent faciliter le suivi, ajoute-t-elle : la téléexpertise et des outils numériques peuvent se révéler pertinents, dans le respect du consentement et avec une réévaluation régulière de l’intérêt pour l’enfant et sa famille.
Impliquer la famille
Pour la HAS, il est important de prendre en compte la diversité des situations rencontrées par les familles et de reconnaître leur expertise d’usage. Famille et professionnels sont encouragés à collaborer au plus tôt, afin d’élaborer un projet personnalisé d’interventions centré sur les souhaits et besoins de l’enfant. « Cette combinaison du soutien et de la formation des familles et des interventions proposées à l’enfant est un facteur clé pour créer un environnement favorable au développement de l’enfant et à l’amélioration de la qualité de vie des familles et de l’enfant autiste », insiste la Haute Autorité de santé.
Favoriser l’accès à des environnements de vie adaptés et inclusifs
Au-delà des interventions développementales et comportementales, les recommandations de la HAS prônent une approche globale du parcours de vie de l’enfant, incluant scolarité, culture et loisirs. Elles rappellent que la scolarité d’un enfant ou adolescent autiste doit être adaptée et continue, en étroite collaboration avec la famille. La HAS recommande aussi de renforcer la formation de la communauté éducative aux troubles du neurodéveloppement et de sensibiliser les élèves au handicap pour favoriser une meilleure inclusion.
Concernant les loisirs, la HAS préconise d’adapter les lieux et activités aux particularités sensorielles et communicationnelles des enfants et adolescents autistes, et d’intégrer des activités physiques régulières pour améliorer leur santé et leur qualité de vie.
