Handicapés : les managers méconnaissent la loi et leur politique d’entreprise

Personnes handicapées

Une minorité de managers connaît l’obligation d’embauche de personnes handicapées et peu d’entre eux sont associés aux actions de leur employeur sur ce sujet, selon une étude réalisée au sein de quatre grandes entreprises et rendue publique le 7 avril par IMS-Entreprendre pour la cité.

Une minorité de managers connaît l’obligation d’embauche de personnes handicapées et peu d’entre eux sont associés aux actions de leur employeur sur ce sujet, selon une étude réalisée au sein de quatre grandes entreprises et rendue publique jeudi par IMS-Entreprendre pour la cité. Dans le cadre de cette enquête de 18 mois, des chercheurs ont étudié 400 managers des entreprises partenaires : Alstom Power, Areva, CNP-Assurances et L’Oréal. D’après leurs travaux, seuls 17 % des managers interrogés connaissent l’obligation légale d’avoir 6 % de personnes handicapées dans l’effectif d’une entreprise, une loi qui date pourtant de 1987. Faute de respecter cette obligation, les entreprises s’exposent à des pénalités financières, ce qui a été le cas pour 25 % des employeurs du privé en 2008, selon la Dares (département statistique du ministre de l’Emploi). L’étude, qui a concerné des entreprises ayant engagé des actions en faveur de l’emploi des handicapés, montre que les managers sont peu nombreux à les connaître ou à y être associés : 4 % ont eu une formation sur le handicap, 9 % ont participé à un forum emploi sur le handicap, 14 % à un tutorat ou à l’accueil de stagiaires handicapés. Ils sont 28 % à avoir participé à un atelier de sensibilisation à ce sujet. Les chercheurs ont aussi mis à jour l’ambivalence des stéréotypes des managers sur les handicapés qu’ils voient souvent comme des personnes « courageuses » mais « improductives». Par exemple, ils surestiment le taux de personnes en chaise roulante parmi les handicapés en l’évaluant à 12 % contre 2 % en réalité, tout comme celles ayant une déficience intellectuelle ou psychique (27 % contre 16 %). En revanche, ils ont tendance à sous-estimer les maladies invalidantes (7 % contre 16 % en réalité). « Les managers ont une vision plus lourde et plus grave du handicap qu’il ne l’est en réalité à gérer », note IMS-Entreprendre pour la cité. Il est aussi noté que plus un manager est diplômé, plus il voit les handicapés comme un groupe homogène (sans distinction à l’intérieur de ce groupe) et moins il s’identifie à ces personnes. L’enquête permet aussi de dire que le fait de côtoyer un handicapé dans son quotidien professionnel permet de réduire les stéréotypes négatifs. Les résultats de l’étude sont repris dans un guide pratique « Les stéréotypes sur les personnes handicapées : comprendre et agir», édité par l’association IMS qui travaille sur la diversité et regroupe environ 200 entreprises.

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Posté le par Rédaction Weka

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