Un appel en faveur de l’assistance sexuelle pour les personnes handicapées

Personnes handicapées

L’association CH(s)OSE et le magazine Faire Face ont lancé, le 14 septembre, « un appel pour dire OUI à l’assistance sexuelle des personnes en situation de handicap en France ».

« Parce que l’accès à une vie affective et sexuelle constitue une liberté fondamentale pour tous », l’association CH(s)OSE et le magazine Faire Face, édité par l’APF, ont lancé, le 14 septembre, « un appel pour dire OUI à l’assistance sexuelle des personnes en situation de handicap en France ». Ils invitent les citoyens à se prononcer.

Extrait de l’appel : « Accepteriez-vous une vie sans relation sexuelle, alors que vous en avez le désir ? Accepteriez-vous, alors que c’est votre souhait, de ne pas connaître votre corps dans ce qu’il a de plus intime, de ne pas connaître celui de l’autre ? Aujourd’hui en France, des hommes et des femmes se trouvent privés de toute vie sexuelle parce que leur handicap les empêche d’accomplir certains gestes… ».

« Depuis quelques mois, des déclarations à l’emporte-pièce, témoignant parfois d’une grande méconnaissance du sujet, ont coupé court à toute possibilité de débat », estiment les promoteurs de cet appel. CH(s)OSE et Faire Face demandent donc l’ouverture de ce débat de fond, « afin de permettre à tous les acteurs concernés de s’exprimer et à la démocratie d’avancer ».

Pour l’association CH(s)OSE, l’assistance sexuelle « consiste à prodiguer, dans le respect, une attention sensuelle, érotique et/ou sexuelle à une personne en situation de handicap ou à permettre, à leur demande, l’acte sexuel à deux personnes qui ne peuvent pas l’accomplir sans aide ». C’est ainsi qu’elle conçoit le rôle d’un service d’accompagnement sexuel.

Cet « appel pour dire OUI à l’assistance sexuelle » a déjà été signé par de nombreuses personnalités et associations, se félicitent l’association CH(s)OSE et le magazine Faire Face. Parmi elles : Pascal Bruckner, essayiste ; Jean-Michel Carré, réalisateur ; Philippe Caubère, réalisateur ; François Cluzet, acteur ; Marie Darrieusecq, écrivain ; Véronique Dubarry, ajointe au maire de Paris ; Éric Fassin, sociologue ; Françoise Gil, sociologue ; Bruno de Stabenrath, écrivain ; Act-Up Paris, AIDES, l’Association des paralysés de France (APF), Jaccede.com, les Amis du Bus des Femmes, Starting-Block. Les rédacteurs de l’appel invitent, maintenant, chaque citoyen à prendre position sur le blog de Faire Face : www.faire-face.fr.

Depuis le début de l’année, le sujet a fait couler beaucoup d’encre. Les déclarations se sont multipliées, des positions se sont radicalisées, empêchant tout débat serein et constructif, reprennent l’association CH(s)OSE et le magazine Faire Face. Ainsi, au mois de janvier, la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot a déclaré être « rigoureusement, formellement, totalement opposée à un truc pareil ».

Des arguments chocs ont été utilisés, provoquant amalgames et raccourcis : prostitution, atteinte à la dignité des femmes, à celle des personnes en situation de handicap… Mais, à aucun moment, les acteurs concernés et les associations représentatives de personnes en situation de handicap n’ont été consultés. « Pourtant, refuser l’assistance sexuelle aux personnes en situation de handicap qui en ont besoin c’est les priver d’une partie de leur citoyenneté, s’insurgent les promoteurs de l’initiative. Et refuser d’engager une concertation et un débat national sur ce sujet, c’est empêcher la démocratie de progresser ».

La proposition de loi de Jean-François Chossy (ex-député UMP de la Loire) pour la création de services d’accompagnement sexuel, qui devait voir le jour au premier trimestre 2011, a été ajournée. « Ma vérité d’aujourd’hui n’est pas celle que j’avais hier », déclare-t-il. Il présentera néanmoins, en septembre, au Premier ministre, un rapport sur « l’évolution des mentalités et le changement de regard porté par la société sur les personnes handicapées » dont un chapitre important sera consacré à l’accompagnement sexuel.

Mais en attendant que des solutions pérennes voient le jour, les personnes en situation de handicap ayant besoin d’un accompagnement à la vie affective et sexuelle « restent sans réponse ». Cela provoque « des situations indignes, voire illégales, pour elles-mêmes, leur famille et les professionnels qui les accompagnent ».

« Bien sûr, le recours à l’assistance sexuelle n’est pas La seule solution à proposer aux personnes en situation de handicap, mais il doit être un choix possible, librement consenti et éclairé, dans une relation humaine, concluent l’association CH(s)OSE et le magazine Faire Face. Les services d’assistance sexuelle doivent s’inscrire dans un ensemble de réponses, capables de lever les difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap dans leur accès à une vie affective et sexuelle ».

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