L’UNCCAS esquisse le CCAS de demain

Sanitaire et social

L’UNCCAS vient de publier un « manuel d’inspiration » à destination des élus et des professionnels pour imaginer le CCAS de 2050.

Un an après le lancement de son cycle « Le CCAS en 2050 », l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS) a publié, début mars 2020, un recueil intitulé « Fabriquer l’action sociale de demain », accompagné d’une série de vidéos. Celles-ci prennent la forme de quatre journaux télévisés réalisés en 2050 et de portraits de CCAS incarnés en différentes figures. « Ces outils donnent une occasion unique de voir des élus et professionnels décrire l’action sociale locale du futur et se projeter, concrètement, dans leurs missions de demain », se félicite l’Union.

Imaginer l’action sociale de demain sur les territoires

La démarche a été menée de mai 2019 à janvier 2020 par l’équipe de la Fabrique des CCAS de l’UNCCAS, l’agence de design Vraiment Vraiment et le studio de réalisation Les Beaux Yeux, avec le soutien des Unions départementales des CCAS (UDCCAS) de la Gironde, d’Indre-et-Loire, du Maine-et-Loire, de Meurthe-et-Moselle, du Rhône et de la Sarthe.

En quelques mois, 265 élus (présidents, vice-présidents, administrateurs de CCAS/CIAS) et professionnels de l’action sociale locale (directeurs, cadres et agents), issus de plus de 200 villes et intercommunalités, se sont réunis lors d’ateliers organisés à Talence (Gironde), à Nancy, à Oullins (Rhône), au Mans, à Paris et à Amiens. « Ensemble, ils ont imaginé et dessiné ce que pourraient être l’action sociale et le CCAS en 2050 », explique l’UNCCAS. S’appuyant sur les outils et méthodes du design de service et de la prospective, ces ateliers n’avaient pas vocation à prédire ce que sera l’actualité sociale de demain, mais plutôt à ouvrir la réflexion, à s’affranchir du quotidien, à faire preuve d’imagination en faisant appel à l’intelligence collective.

Résultat : « Pas de catalogue de solutions concrètes, mais une exploration d’hypothèses, de nouvelles orientations pour inspirer élus et professionnels et leur permettre d’affiner leurs choix, construire leurs projets sur les territoires à l’image de la diversité des CCAS et des CIAS ».

Prospective : 7 figures de CCAS pour répondre aux défis de demain

Les ateliers de travail organisés par l’UNCCAS ont permis de dégager plusieurs figures de CCAS, susceptibles d’inspirer autant de stratégies, de choix d’orientation et d’axes de développement. « Ces figures ne s’excluent pas et peuvent co-exister, s’articuler et se compléter », soutient l’Union. Au final, sept figures ont émergé, permettant d’articuler la réflexion autour de plusieurs « types » de CCAS, de réfléchir à leur devenir : devront-ils repenser leurs espaces ? De quelle manière ? Comment seront-ils présents sur le territoire ? Quels seront leurs modes d’action spécifiques ? Faudra-t-il développer certaines fonctions et savoir-faire chez leurs agents, voire imaginer de nouveaux métiers ?

Présentation des 7 figures :

  • Le CCAS programmateur de convivialités

Pour cette figure, le CCAS crée des moments de vie informels et conviviaux pour rencontrer et identifier les publics éloignés ou peu connus de ses services, voire invisibles, dans un cadre décalé : carnaval, concert, festival de théâtre, café… Les événements conviviaux sont des terreaux du lien social : ils rassemblent un public élargi, sans stigmatiser ceux qui sont dans le besoin. Cette approche permet de fabriquer de la confiance avec les usagers et, à terme, de mieux les accompagner. On peut ainsi imaginer de créer des lieux, à l’usage mixte, comme les cafés, et les pérenniser.

  • Le CCAS développeur de potentialités

Dans cette optique, le CCAS ne se présente plus comme le « solutionneur de problème » mais comme « l’accompagnateur » des usagers et des collectifs au développement de leurs potentialités, que ce soit au bénéfice de ces derniers ou du territoire. Les espaces d’accueil ne sont plus des points de « distribution » d’aides sociales existantes, mais des espaces où les professionnels accompagnent au développement des compétences, savoir-être, savoir-faire. Ici on accompagne l’individu et/ou le collectif à « faire projet » pour le territoire.

  • Le CCAS radar

Le CCAS devient le radar du territoire. Il met en place un ensemble de solutions pour mieux identifier les publics, recueillir leurs besoins et leurs potentiels, venir en aide au meilleur moment. Pour cela, il anime un réseau d’acteurs partenaires. Il développe une stratégie du « aller vers » les publics : l’espace du CCAS disparaît au profit d’équipes déployées sur le terrain et de nouvelles complémentarités toujours plus proches des publics.

  • Le CCAS co-organisateur des lieux à partager

Le CCAS crée les conditions du vivre ensemble et lutte contre l’isolement. Il organise des cohabitations à court et/ou à long terme, à petite échelle (l’immeuble) et/ou à grande échelle (un quartier), sur des temps plus ou moins longs, afin que les habitants retrouvent leurs repères et se réinsèrent plus facilement dans la société.

  • Le CCAS coordinateur des énergies du territoire

Le CCAS renforce l’articulation entre les besoins sociaux identifiés sur le territoire et les forces vives en capacité d’y répondre. Il encadre les nouvelles solidarités, canalise les énergies, rend plus visibles et opérationnelles les complémentarités de chacun : acteurs sociaux, économiques, bénévoles… Chef d’orchestre, le CCAS permet aux acteurs du territoire de jouer davantage collectif, d’optimiser leurs actions et d’améliorer l’impact de leur présence sur le territoire.

  • Le CCAS avocat social du territoire

Défenseur de l’intérêt général, le CCAS plaide les intérêts des usagers et du territoire face aux nouveaux acteurs qui s’y implantent. Il soutient les initiatives solidaires et peut aller jusqu’à se porter garant de leur haute qualité sociale. En tant qu’avocat du territoire, il cherche à créer une cohérence locale et à maintenir une qualité sociale globale.

  • Le CCAS formateur au vivre ensemble

Pour cette figure, le CCAS est garant de la transmission des savoirs fondamentaux du vivre ensemble et ce tout au long de la vie : le savoir-être, les solidarités, les compétences de coopération, le civisme, le « care »… Pour cela, il forme les citoyens, afin qu’ils contribuent plus activement et qualitativement aux besoins du territoire. Le CCAS réinvente la transmission des savoirs pendant toute la vie, en parallèle des circuits de formation académiques.

« Aucune de ces figures n’est la bonne, aucune n’est meilleure qu’une autre car les orientations répondent à des besoins, des problématiques, des territoires spécifiques. Alors, à la manière d’une liste d’options, chaque CCAS pourra imaginer son développement, sa stratégie, en piochant ici et là les ingrédients qui lui semblent pertinents et font sens dans son propre cas. De nouvelles orientations pourront aussi être imaginées, car ces figures se veulent avant tout un outil », conclut l’UNCCAS.

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