Encore 4 400 enfants victimes du saturnisme en France métropolitaine

Santé

L’Institut de veille sanitaire (InVS) révèle, dans une récente étude, qu’en quinze ans l’imprégnation des enfants par le plomb a toutefois été divisée par 20 en France.

L’Institut de veille sanitaire (InVS) a publié, fin mai 2010, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire BEH Web, les premiers résultats de l’enquête nationale de prévalence du saturnisme infantile en France. Menée en 2008-2009, l’étude montre que le nombre d’enfants âgés de 1 à 6 ans ayant un taux de plomb dans le sang supérieur à 100 µg/L (définition du saturnisme infantile) a été divisé par 20 depuis la période 1995-1996. Résultat : la prévalence du saturnisme infantile, qui était évaluée à 2,1 %, est maintenant estimée à 0,1 %. Pour la France métropolitaine, le nombre d’enfants de 1 à 6 ans concernés serait ainsi passé de 84 000 à 4 400 ! « L’objectif de la loi relative à la politique de santé publique de 2004, qui visait une diminution de la prévalence de moitié, est donc largement atteint », se félicite le ministère de la Santé.

Pour le ministère, « ces bons résultats » montrent que les actions de prévention menées depuis quinze ans ont été efficaces : suppression de l’essence au plomb, amélioration de l’alimentation, traitement des eaux de distribution publique, amélioration de l’habitat, contrôle des émissions industrielles… Le saturnisme « n’est toutefois pas éradiqué en France ». Parmi les 4 400 cas de saturnisme infantile encore recensés, l’enquête nationale pointe, pour la plupart, des enfants cumulant certains facteurs : habitat dégradé, suroccupation du logement, environnement social défavorisé…

L’étude révèle également que 25 % des enfants de 1 à 6 ans ont une plombémie supérieure à 25 µg/L et 5 % une plombémie supérieure à 34 µg/L. « Ce constat reste préoccupant car le plomb est un toxique pour lequel on ne connaît pas de seuil en dessous duquel il n’y aurait pas d’effet », soulignent ses auteurs. Les études récentes montrent des effets sur le développement cognitif et moteur des enfants à des niveaux d’imprégnation aussi bas. Il faut donc agir sur les sources d’exposition encore existantes pour diminuer l’imprégnation des enfants en France. Les analyses statistiques complémentaires des données recueillies dans l’enquête de l’InVS permettront de mieux comprendre quelles sont les sources prépondérantes d’imprégnation actuelles.

Il paraît également nécessaire d’améliorer le repérage des enfants intoxiqués puisqu’une faible partie seulement d’entre eux est diagnostiquée chaque année, insistent les auteurs de l’étude. De fait, on décèle environ 300 nouveaux cas par an, tous âges confondus (0 à 17 ans).

Pour en savoir plus :

Téléchargez le document au format pdf Imprégnation des enfants par le plomb en France en 2008-2009, une étude de l’Institut de veille sanitaire, avril 2010

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