Les fédérations hospitalières alertent sur la situation des établissements de santé

Santé

La FEHAP, la FHF, la FHP et Unicancer dénoncent un budget hospitalier insuffisant et interpellent le président de la République et le Premier ministre.

S’exprimant pour la première fois d’une seule voix, la FEHAP, la FHF, la FHP et Unicancer ont tenu une conférence de presse commune le 6 novembre 2018 « pour alerter sur la situation économique et sociale délétère des établissements de santé et dénoncer un budget hospitalier insuffisant ».

Après les concertations avec la ministre des Solidarités et de la Santé, les quatre fédérations hospitalières en appellent désormais au président de la République et au Premier ministre « pour préserver les budgets hospitaliers et entendre leurs propositions ». Si elles saluent collectivement le plan gouvernemental « Ma santé 2022 », « les moyens ne sont pas en cohérence avec la volonté politique affichée. Il faut donner aux établissements de santé les moyens financiers indispensables pour remplir leurs missions au service des patients, prodiguer à tous et partout la même qualité de soins et investir pour opérer les transformations indispensables de nos structures », a insisté le Pr Patrice Viens, président d’Unicancer.

Pour les quatre fédérations, le moment de vérité sera la fixation des tarifs hospitaliers en mars 2018. « Après six années de baisse consécutive des tarifs, nos établissements de santé ont besoin de retrouver des marges de manœuvre pour mener à bien leur mission de soin et avoir une vraie politique sociale », a déclaré Lamine Gharbi, président de la FHP.

Après avoir fait part de leurs attentes à Agnès Buzyn, la FEHAP, la FHF, la FHP et Unicancer, « représentant l’intégralité de l’hospitalisation en France », interpellent donc Emmanuel Macron et Édouard Philippe et « formulent ensemble six demandes ».

À savoir :

  • La restitution intégrale des crédits hospitaliers gelés en 2018 au titre de la réserve prudentielle (415 millions d’euros) compte-tenu du respect des objectifs de dépenses, et le montant de la sous exécution (105 millions d’euros), soit au total 520 millions d’euros.
  • La mise en place d’une véritable régulation financière des dépenses de la médecine de ville.
  • Une augmentation a minima de 1 % des tarifs hospitaliers, rendue possible au regard de l’évolution de l’activité.
  • La remise à plat complète de la réforme des transports inter-hospitaliers, qui a été mise en œuvre sans concertation et fait l’unanimité contre elle.
  • Le lancement d’une mission sur la construction de l’ONDAM pour améliorer sa lisibilité et le rendre pluriannuel sur une durée de 3 ans. Le mécanisme prix-volume actuel est délétère et génère une perte de sens pour les professionnels (tarif actuellement fixé selon des volumes surévalués, sans lien avec la valeur du soin prodigué).
  • La participation des fédérations hospitalières aux travaux sur l’évaluation de la pertinence et de la qualité des soins et son impact sur le financement des établissements de santé.

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