Pour la FHF, l’hôpital public va pouvoir sortir la tête de l’eau

Santé

La FHF accueille favorablement les mesures d’urgence pour l’hôpital annoncées par le Premier ministre et la ministre des Solidarités et de la Santé.

Sous l’intitulé « Investir pour l’hôpital », le gouvernement a présenté, le 20 novembre 2019, une série de mesures d’urgence pour accompagner l’hôpital dans ses transformations. La Fédération hospitalière de France (FHF) a, le jour même, salué les annonces du Premier ministre et de la ministre des Solidarités et de la Santé, qui constituent « une bouée de sauvetage pour les hospitaliers » et vont « permettre à l’hôpital public de sortir la tête de l’eau ».

Selon la Fédération, ces « premières annonces » répondent, en grande partie, aux enjeux immédiats qu’elle avait identifiés. « Notre appel pour des mesures d’urgence en faveur de l’hôpital et des hospitaliers a été entendu. Le gouvernement nous a écoutés et je souhaite saluer ces mesures qui permettent d’accompagner et aussi d’accélérer le plan MaSanté2022 », confirme le président de la FHF, Frédéric Valletoux. « Ces mesures sont une mise en cohérence entre les annonces politiques et les actes budgétaires, ce qui avait cruellement fait défaut dans les intentions budgétaires initiales ».

La Fédération sera toutefois « vigilante » quant à l’application concrète de ces mesures, notamment sur la reprise partielle de la dette des hôpitaux, « qui ne peut se faire à l’aveugle et devra reposer sur des critères objectifs ». « Nous devrons ensuite poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics pour aller plus loin et assurer l’avenir de l’hôpital public et des établissements médico-sociaux sur le plus long terme », ajoute Frédéric Valletoux.

La FHF applaudit, en particulier, la décision d’augmenter l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) de + 0,35 %. Celui-ci passera ainsi de + 2,1 % à + 2,45 %, avec, en outre, une pluri-annualité sur 3 ans. Cela « va permettre, d’une part, d’apporter un premier souffle budgétaire immédiat pour l’année 2020 et, d’autre part, d’amorcer un plan qui, à terme, en 2022, sera de plus de 700 millions d’euros par an », se réjouit la Fédération. Selon elle, ces crédits doivent « financer entre autres d’importantes mesures d’attractivité ».

La Fédération pointe, notamment, la nécessité d’encourager le début de carrière. Pour la FHF, il convient de définir, au niveau national, les zones et les métiers en tension pouvant donner lieu au versement d’une prime de 1 000 euros par an au recrutement, sous réserve d’un engagement de 1 à 3 ans. Pour 60 000 recrutements par an, elle évalue cette mesure à 60 millions d’euros par an.

Plus largement, la Fédération réitère sa demande d’ouverture d’un chantier sur les rémunérations et le régime indemnitaire, « afin de le rendre lisible, cohérent et attractif ». Au total, la FHF estime le plan attractivité à destination du personnel paramédical et médical à environ un demi-milliard d’euros par an. Le plan proposé par le gouvernement doit permettre de le financer en partie. Par ailleurs, la FHF attend des précisions sur « la nécessaire relance de l’investissement ».

À ce stade, Édouard Philippe et Agnès Buzyn ont annoncé un apport de 150 millions d’euros par an pendant 3 ans sur le Fonds de modernisation des établissements de santé publics et privés, ainsi qu’une reprise d’un tiers de la dette hospitalière, dont les modalités et les critères restent à définir.

Pour la Fédération, « ce dispositif de reprise devra être conditionné à des projets d’investissement intégrant la place des établissements dans l’offre de soins des territoires, les stratégies d’investissements, le poids de la dette et la vétusté des équipements ». Et de conclure : « C’est à ces conditions que la reprise d’un tiers de la dette des hôpitaux publics pourra constituer un véritable levier de relance de l’investissement ».

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