Les médecins moins volontaires pour assurer les gardes

Santé

Le nombre de médecins libéraux volontaires pour assurer les gardes de nuit ou de week-end diminue, mais ces derniers sont plus impliqués dans la régulation médicale, comme par exemple la gestion des appels de patients en cas d’urgence, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom).

« L’analyse, département par département, est inquiétante » concernant l’engagement des médecins libéraux dans la permanence des soins, souligne le Cnom dans un bilan présenté à la presse mardi. Ainsi, 28% des conseils départementaux de l’Ordre alertent sur un « déclin » du volontariat qui reste stable dans 62 départements et augmente dans 10. « La Corse du Sud et le Puy-de-Dôme enregistrent de fortes chutes (-30% entre début 2011 et début 2012) », souligne le Cnom tandis que les Pyrénées-Atlantiques et les Alpes-de-Haute-Provence connaissent une embellie. « Indéniablement, l’érosion du volontariat continue voire s’accélère », explique le conseil, qui évoque aussi « le vieillissement des médecins de garde ».

Mais les questions financières ne sont pas l’explication unique de cette « pénurie de médecins volontaires », qui est également liée à des « évolutions de société », comme la féminisation de la profession. La régulation médicale connaît quant à elle une « évolution favorable en particulier pour ce qui concerne l’engagement des médecins libéraux (+10% entre début 2011 et début 2012) ». La régulation est effectuée par un médecin régulateur qui répond et gère tout appel à caractère d’urgence ou vécu comme tel, puis oriente le patient. Ainsi, un appel au 15 permet soit d’obtenir des conseils médicaux sans déplacement, soit la visite d’un praticien au domicile, soit encore, si le cas est jugé très grave, l’intervention du Samu (ou des pompiers) en vue d’une hospitalisation.

Cette étude révèle aussi que les gardes « en nuit profonde » (00H00-08H00) ont tendance à disparaître : « L’arrêt de la garde à minuit pour les médecins libéraux est une tendance forte qui concerne 50% des secteurs », souligne le docteur François Simon, chargé de la permanence des soins au Cnom. Cinq nouveaux départements ont ainsi décidé d’arrêter les gardes après minuit : les Deux-Sèvres, la Charente, les Hautes-Alpes, l’Eure et le Calvados. Le relais est alors assuré par d’autres médecins libéraux au sein d’associations d’urgentistes ou par l’hôpital. Mais pour le Cnom, « la question du relais avec les services hospitaliers reste délicate ».

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©2012 Agence France-Presse

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