L’hôpital face au grand froid

Santé

Plan blanc, plan bleu, « Hôpital en tension » sont les principaux dispositifs mis en œuvre pour faire face aux conséquences d’une vague de froid dans le monde hospitalier.

La prévention et la gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2013-2014, les actions à mettre en œuvre, aux niveaux local et national, pour détecter, prévenir et limiter les effets sanitaires et sociaux liés aux températures de l’hiver et ses aspects induits, ont fait l’objet d’un guide spécifique intitulé « Guide national de prévention et de gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2013-2014« . Ce guide prend en compte notamment les problématiques inhérentes à l’accès aux soins, au logement, aux intoxications par le monoxyde de carbone ou aux maladies infectieuses.

Principalement dans le monde hospitalier et médico-social, les exigences suivantes sont rappelées et font l’objet de fiches spécifiques.

Le rôle des agences régionales de santé (ARS)

La coordination et l’anticipation par les ARS sont nécessaires :

  • sur la programmation des capacités d’hospitalisation,
  • sur leur adaptation en fonction des fluctuations saisonnières, au niveau de la région sanitaire et au niveau de chaque territoire de santé,
  • sur la mise en œuvre de dispositfs « hôpital en tension », faisant l’état des lieux et des disponibilités en lits et en personnel.

Les ARS disposent notamment des Répertoires Opérationnels des Ressources (ROR) pour assurer un suivi quotidien notamment de l’activité des structures d’urgence, des disponibilités en lits hospitaliers d’aval (par discipline) et des décès survenus dans les établissements.

Plusieurs systèmes d’alerte et de centralisation des données sont concernés au niveau national. Les données transmises par les ARS sont par exemple :

  • la liste des plans blancs élargis mis en œuvre dans la région ;
  • la liste des établissements de santé en tension, avec actions réalisées ;
  • la liste des établissements de santé ayant activé leur plan blanc ;
  • l’activité pré-hospitalière ;
  • l’activité dans les services d’urgences.

L’accélération des phénomènes infectieux et pathogènes ainsi que des risques sanitaires en cas de grand froid

Les points les plus courants sont les suivants :

  • la majoration des pathologies infectieuses hivernales (épidémies de gastro-entérite, bronchiolite, grippe…), d’où les impacts en termes de nombre de personnes à prendre en charge ;
  • l’enjeu de vaccination des personnels de santé et l’importance des précautions d’hygiène pour prévenir les transmissions de pathologies infectieuses hivernales entre patients et aux personnels de santé ;
  • la prise en charge de patients intoxiqués par le CO2 en cas groupés le plus souvent ;
  • la venue de sans domicile fixe qui peuvent se présenter ;
  • les impacts sanitaires directs, résultant d’une vague de froid ou d’un épisode intense de neige ou de verglas, avec notamment l’augmentation de consultations pour des traumatismes dues à des chutes et les hypothermies, mais aussi les difficultés de transport et de transfert sanitaire ;
  • les difficultés de déplacement ou les atteintes par les pathologies infectieuses hivernales qui pourraient entraîner des absences du personnel de santé.

Quelles réponses concrètes d’organisation ?

  • Anticiper les conséquences des effets du grand froid en termes de permanence et de continuité des soins
  • Protéger les personnes et les biens
  • Minimiser les risques, en réduisant notamment la vulnérabilité des installations (alimentation en eau, électricité, approvisionnement, etc.)
  • S’assurer du fonctionnement optimal des services en mode dégradé pendant la vague de froid, prenant notamment en compte : le lieu de résidence du personnel afin d’assurer la continuité du service, les problèmes d’accès pour l’approvisionnement de l’établissement (produits sanguins labiles, produits de santé, transport des échantillons biologiques…), l’opérationnalité des réseaux : eau, électrique, gaz, ventilation, etc.
  • Permettre un retour à la normale dans les meilleurs délais

La question des urgences est centrale

Les relations entre les services d’urgence et les autres services hospitaliers sont à définir, le réseau des urgences (convention constitutive, répertoire des ressources, fiche de dysfonctionnement) (cf. circulaire du 13 février 2007 relative à la prise en charge des urgences) est à activer. Le but est de rendre aux services d’urgences la nécessaire capacité à traiter les vraies urgences et de ne pas les engorger par l’afflux de patients.

Ces éléments d’action seront extraits ou définis par les dispositifs « hôpital en tension » et le plan blanc d’établissement, définis par l’instruction du 14 septembre 2006 (élaboration des plans blancs des établissements de santé et des plans blancs élargis), le plan bleu pour les établissements et services médico-sociaux, ainsi que par le plan de continuité d’activité de l’établissement.

Pour en savoir plus :

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