La France enregistre près de 9 000 suicides par an, « trois fois plus que les accidents mortels de la voie publique », un chiffre « en diminution très lente » malgré les dispositifs en place, déclare à l’AFP Charles-Édouard Notredame, secrétaire général de Prévention suicide France, à l’approche du 10 septembre, Journée mondiale de la prévention du suicide.
Avec 13,4 suicides pour 100 000 habitants en 2022, la France présente « l’un des taux les plus élevés d’Europe » et sa prévention pour laquelle « il existe des dispositifs efficaces », « doit être une priorité », dit Santé publique France.
L’intégration de la santé mentale dans l’agenda politique et interministériel
En cette année d’avant-présidentielle, « l’ensemble des candidats seraient bien inspirés d’intégrer la question de la psychiatrie, de la santé mentale et de la prévention du suicide dans leur programme », selon M. Notredame, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent au CHU de Lille. « S’il y a bien une thématique transpartisane, c’est bien la prévention du suicide, qui concerne l’agriculture, les armées, l’intérieur, l’école, la santé… c’est majeur ».
De fait, « chaque suicide endeuille en moyenne six personnes, mais touche aussi 136 personnes indirectement… chacun connaît de près ou de loin quelqu’un qui s’est suicidé. Et ça, on n’en parle pas, ou très peu, malgré la fréquence du phénomène », souligne le praticien.
Début juillet, des professionnels de santé, chercheurs et responsables associatifs ont appelé le gouvernement à une mobilisation accrue, jugeant que « l’État n’est plus au rendez-vous de la prévention » malgré des « signaux plus qu’inquiétants », dans une lettre ouverte signée par quelque 800 personnes, selon ses promoteurs.
Les arbitrages budgétaires et l’évaluation de l’impact socio-économique
Le vote du budget sera « un moment de vérité : la prévention du suicide restera-t-elle une priorité pour le gouvernement ? Les moyens seront-ils maintenus ? », s’interroge Bénédicte Dufour, déléguée générale de l’association Prévention Suicide France.
« Il faut une vraie logique interministérielle pour que ces préoccupations soient partagées, mais aussi que les acteurs de terrain et experts soient pris en considération et que l’élaboration de la stratégie se fasse en plein partenariat » avec eux, ajoute-t-elle.
Le coût des comportements suicidaires a été évalué à 24 milliards d’euros annuels par l’Observatoire national du suicide.
Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible 24h/24 et 7j/7 pour les personnes en souffrance avec des idées suicidaires ou leurs proches, et géré par des soignants.
Copyright © AFP ; « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2026
