Dès 2017, les services de santé des facultés constataient que près de 40 % des consultations étaient liées à la santé mentale, rappelle Nathalie Dompnier, présidente de l’Université de Lyon. La période du Covid a aggravé les chiffres et accéléré la prise de conscience.
Le centre, porté par l’Université et soutenu par les pouvoirs publics, a donc ouvert il y a un an avec une équipe de médecins généralistes, d’une infirmière, de psychologues et d’une psychiatre. Il part de deux constats : « 75 % des troubles commencent avant 25 ans » et « plus on les prend en charge tôt, plus on peut limiter les conséquences par la suite », rappelle Marine Gonsolin, médecin directrice du 102.
L’organisation de l’offre de soins de premier recours et de prévention
Sa première année d’existence a été axée sur le développement des consultations avec la volonté d’être « une porte d’entrée dans les soins », explique-t-elle : après un premier rendez-vous avec un généraliste ou une infirmière, est proposé un suivi au sein du centre ou une réorientation vers des structures de droit commun.
Le centre développe aussi des activités de prévention, avec des ateliers pour apprendre, par exemple, à rompre l’isolement social, à gérer le stress, ou améliorer les comportements alimentaires. « Il n’y a pas besoin d’aller mal pour prendre soin de soi », souligne Florence Laporte, chargée de prévention.
L’accessibilité de la structure au cœur de Lyon
Le Centre 102 se situe à quelques encablures de plusieurs campus au cœur de Lyon, dont les étudiants en difficulté disent avoir du mal à trouver les bons interlocuteurs.
« Mon médecin traitant m’avait donné des clés, on a droit à douze séances gratuites. Mais quand on appelle les psys, il n’y a jamais de place », raconte Emy, 21 ans, étudiante en design à Lyon, croisée lors d’une pause.
Sa camarade Lena, 19 ans, acquiesce : « On partage nos problèmes entre nous, parce que les psys, ça coûte cher et c’est introuvable ».
Le Centre 102 grandit rapidement : un deuxième psychiatre et un deuxième psychologue ont été recrutés au cours des derniers mois.
En 2025, les patients du centre, ouvert à tous les étudiants de l’académie, sont venus de 110 établissements distincts. De Lyon, mais aussi Roanne, Bourg-en-Bresse, Saint-Étienne… « On a la preuve qu’il y a un besoin » met en avant Nathalie Dompnier.
Le centre, émanation de la Communauté d’universités et établissements (ComUE) de Lyon et soutenu par plusieurs collectivités locales (ville, métropole, région, rectorat, ARS…), veut aujourd’hui « trouver des gens qui sont convaincus comme nous » afin de pérenniser son financement et trouver des locaux définitifs.
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