Reprenant plusieurs propositions du rapport « Loger les travailleurs des services publics », remis au gouvernement en avril 2024, la loi visant à améliorer l’accès au logement des travailleurs des services publics a été publiée fin juin. Objectif du gouvernement : augmenter l’offre de logements sociaux à destination des agents publics. Pour cela, le texte permet d’activer plusieurs leviers.
Faciliter le maintien dans un logement de fonction
Une première mesure consiste à favoriser le maintien des agents publics dans un logement lié à leur fonction. Ce type de logement peut être attribué par un employeur qui a acquis des droits de réservation à cette fin, en raison de l’emploi exercé par certains travailleurs. La nouvelle loi étend le droit de bénéficier d’un logement de fonction, jusque-là réservé aux seuls agents publics civils ou militaires, aux salariés d’établissements publics et d’entreprises assurant un service public de transports.
En outre, ces locataires seront dorénavant mieux informés et protégés lorsqu’ils changeront d’emploi et perdront, de fait, le bénéfice d’un logement de fonction. La clause de fonction devra obligatoirement être mentionnée dans le bail et le recours à cette clause dans la convention de réservation conclue entre les employeurs réservataires et les bailleurs sociaux. Les employeurs auront désormais un délai d’un an, à compter de la fin de l’exercice de l’emploi, pour demander au bailleur de résilier le bail. Une fois cette décision de l’employeur notifiée au locataire, le bailleur devra, quant à lui, respecter un délai minimal (et non plus maximal) de 6 mois pour résilier effectivement le bail.
Par ailleurs, la loi prévoit des exceptions à la résiliation du bail, en cas de cessation de la fonction. Celles-ci permettent de tenir compte de situations exceptionnelles, de nature médicale, familiale ou professionnelle, qui seront déterminées par décret. Un délai supplémentaire pour quitter les lieux pourra être accordé aux locataires se trouvant dans une de ces situations, dans une limite d’un an à compter de l’expiration du délai de préavis. Les locataires en situation de handicap auront également droit au maintien dans leur logement malgré la fin de l’exercice de l’emploi, lorsque cette situation n’était pas connue au moment de la conclusion du bail.
L’extension du droit de réservation des employeurs publics
Une autre disposition du texte prévoit d’étendre le droit de réservation de logements sociaux dont bénéficient les employeurs publics. Lorsqu’une administration vendra un terrain avec décote en vue de la réalisation d’un programme de logements sociaux, elle pourra désormais réserver jusqu’à 50 % des logements sociaux du programme pour ses agents, en plus du contingent de l’État, au lieu des 10 % prévus jusqu’à présent.
La gestion « en stock » de logements élargie
La loi ouvre également à des publics supplémentaires les dispositifs de « stock » de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite « loi Élan ». La gestion en « stock » permet d’identifier et de réserver au préalable certains logements au bénéfice d’agents désignés. Il s’agit d’une exception au principe de la gestion en « flux », qui ne porte pas sur des logements individualisés mais sur l’ensemble du patrimoine immobilier. Cette dérogation permet d’assurer un logement adéquat aux agents qui, en raison de leur activité, ne peuvent résider dans n’importe quel quartier en sécurité.
Jusqu’alors réservée aux services de la défense nationale, de la sécurité intérieure et des établissements publics de santé, la gestion en « stock » sera ainsi étendue :
- aux services de la justice ;
- aux services de l’administration des douanes ;
- aux entreprises assurant un service public de transport, dans les communes dans lesquelles l’accès au logement est particulièrement difficile.
Une procédure de construction simplifiée
En application de la nouvelle loi, l’augmentation de l’offre de logements passera aussi par une simplification de la procédure de construction de logements sur des sites affectés dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) à des équipements publics. En effet, l’administration pourra déroger au PLU pour reconvertir une surface ou un bâtiment ou construire des logements sur une partie de ce foncier, stipule le texte.
L’externalisation de la gestion locative
La gestion du parc détenu par les employeurs est simplifiée. De même, les modalités d’externalisation de la gestion locative des établissements publics sont clarifiées.
Enfin, le « principe de spécialité » (limitation de la compétence des établissements publics à l’objet qui leur est assigné) est étendu aux hôpitaux. En conséquence, les établissements publics de santé pourront désormais valoriser leur patrimoine immobilier afin de créer des logements pour les agents de la fonction publique hospitalière (FPH).
