Sras : Pasteur porte plainte après la perte de plus de 2 000 tubes contenant des bouts de virus

Santé

L’Institut Pasteur, qui a perdu plus de 2 000 tubes contenant des fragments de virus du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) sans danger, a porté plainte contre X pour faire toute la lumière sur cette affaire, même si la piste de l’erreur humaine paraît la plus probable.

Le laboratoire P3 concerné a été fermé lundi matin, a ajouté auprès de l’AFP le professeur Christian Bréchot, directeur général de l’institut, lundi. Ce dernier avait indiqué dimanche avoir constaté la disparition de ces tubes « dans le cadre des procédures d’inventaire réglementaires habituelles » en soulignant cependant qu’ils n’avaient « aucun potentiel infectieux ». « Depuis le début nous savons que ces échantillons n’étaient pas infectieux, ce qu’ont confirmé les experts indépendants réunis samedi », souligne le Pr Bréchot. Les experts indépendants saisis par les autorités sanitaires averties (ANSM) avaient qualifié de « nul » le potentiel infectieux des tubes perdus « au regard des éléments disponibles et des éléments connus de la littérature sur la survie du virus Sras ». Les 2 349 petits tubes contenus dans 29 boîtes ont probablement été détruits et autoclavés (stérilisés) dans ce laboratoire habilité à conserver des organismes hautement pathogènes, mais sans que cela soit noté, selon lui. « Aucun tube ne sort d’un P3 sans être autoclavé ».

« La piste de l’erreur humaine est la plus probable, mais on ne veut rien éliminer », poursuit le DG de Pasteur précisant que l' »Institut Pasteur a porté plainte contre X afin de faire toute la lumière sur cette affaire ». D’ailleurs aucune utilisation malveillante n’était possible avec les échantillons disparus, note-t-il. En 2003, les tests pratiqués sur ces échantillons provenant de patients atteints de Sras étaient tous négatifs, et poursuit-il, rétrospectivement on s’est aperçu qu’ils avaient subi une décongélation fin 2012 suite à la défaillance d’un congélateur du P3 et qu’ils sont restés alors à des températures élevées pour la survie d’un virus fragile. Les échantillons étaient conservés à des fins de recherche ultérieures, explique-t-il. « Reste que c’est inacceptable » d’où les trois mesures prises (la fermeture du laboratoire, la plainte contre X et un nouvel inventaire), dit-il « Je me suis engagé que l’Institut Pasteur refasse un inventaire des micro-organismes et toxines dans un délai d’environ un mois », précise-t-il.

En 2003, une pandémie de Sras, partie de Chine, avait touché quelque 8 000 individus et causé la mort de plus de 800 personnes, principalement en Asie. Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d’une pneumonie, avec une fièvre élevée et divers problèmes respiratoires.

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