Zones urbaines sensibles : des disparités avec les autres quartiers de l’agglomération

Urbanisme

L’Observatoire national des zones urbaines sensibles a remis son rapport annuel, le 2 novembre. Il propose une analyse chiffrée du développement de ces territoires.

Les zones urbaines sensibles (ZUS) d’aujourd’hui sont les mêmes que celles d’hier, selon l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), qui a remis un rapport au ministre de la Ville. L’Onzus avait pour mission de mesurer l’évolution du développement des ZUS par rapport au reste des agglomérations. Sur ce point, il semble que les indicateurs des ZUS soient toujours défavorables, montrant que les efforts en matière de politique de la ville ont peu d’impact : ces quartiers abritent toujours deux fois plus de pauvres et de chômeurs.

Toutefois, comparer les indicateurs au fil des années est délicat, les habitants des ZUS connaissant un taux de mobilité important : un tiers de la population se renouvelle, en moyenne, en cinq ans. Croisant différentes données statistiques, le rapport propose une analyse chiffrée des ZUS dans différents secteurs : habitat, emploi, santé, éducation, activité économique…

On y apprend, par exemple, qu’en 2006, plus d’un ménage sur quatre disposait d’un revenu avant impôt inférieur à 679 € par mois (ménages pauvres) et qu’un sur deux vivait avec moins de 913 €. Soit, deux fois plus que dans le reste des unités urbaines comportant une ZUS. Ce fait peut s’expliquer notamment par la forte concentration de logements sociaux dans les ZUS : plus de trois foyers sur cinq y sont hébergés, contre moins d’un sur cinq en dehors. En outre, les résidents considèrent souvent leurs conditions de logement peu satisfaisantes : bruit, pannes d’ascenseur, insatisfaction face au quartier…

Les habitants de ZUS sont également préoccupés de la délinquance et de l’incivilité ; pour un quart des personnes interrogées dans l’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité » de l’Insee de janvier 2011, ce problème est prépondérant. Alors que les habitants des autres quartiers des mêmes agglomérations se plaignent, en premier lieu, des dangers de la circulation.

Le taux de délinquance a pourtant diminué dans les ZUS (49,7 faits pour 1 000 habitants en moyenne, en 2010, contre 53,7 dans les circonscriptions de sécurité publique dont ils dépendent). Au total, entre 2005 et 2010, le taux de délinquance des ZUS a diminué de 16 % : 21 % de moins pour les atteintes aux biens, mais + 8 % pour les atteintes aux personnes.

Par ailleurs, le dispositif de zones franches urbaines (ZFU) n’a pas eu les effets escomptés sur l’activité économique des ZUS. Le rapport précise que c’est dû, en partie à l’incertitude liée à sa pérennité, et aux mesures moins attractives : révision du système d’exonérations en 2009, suppression de la taxe professionnelle…

Depuis début 2011, l’Onzus a été réformé ; il a également pour mission, désormais, d’évaluer l’impact des actions menées dans les quartiers, au titre de la politique de la ville.

Marie Gasnier

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