Fabien Bottini

Fabien Bottini

Fabien Bottini

Professeur des Universités, chaire innovation de l’Institut universitaire de France

Domaines d'expertise

Biographie professionnelle

Juriste publiciste engagé pour la transformation des politiques locales, Fabien Bottini a débuté sa carrière comme assistant de justice près de la chambre de l'Instruction de la Cour d’appel de Rouen.

Il s'est par la suite spécialisé dans la sécurisation des décisions et la responsabilité pénale des acteurs publics dans sa thèse « La protection des décideurs publics face au droit pénal », qui a posé les fondations de son expertise actuelle sur la prise de décision locale en contexte de risques juridiques croissants.

Professeur des universités à l’Université du Mans et membre de l’Institut Universitaire de France, il analyse depuis plusieurs années les mutations de l’action publique, en particulier territoriale, à l’heure où les collectivités doivent conjuguer transition écologique, exigences économiques et impératif de justice sociale.

Ses recherches éclairent la manière dont l’Accord de Paris reconfigure les marges de manœuvre locales et renouvelle la fabrique juridique des politiques publiques.

Accompagnateur de terrain reconnu, il intervient comme consultant, déontologue ou expert auprès de nombreuses administrations locales.

Il travaille régulièrement avec des centres de gestion, le CNFPT, des associations d’élus ou de dirigeants territoriaux, pour les aider à sécuriser leurs pratiques, structurer leurs stratégies et intégrer les enjeux économiques émergents dans leurs politiques publiques.

Membre de l’Observatoire de l’éthique publique et chargé de mission pour la FONDAFIP, la Fondation internationale pour les finances publiques, il contribue également à la réflexion nationale sur l'état des finances publiques à l'heure de la transition et de la modernisation de l’action économique territoriale.

Il est l’auteur et le directeur de plusieurs ouvrages de référence, parmi lesquels : « Le service public du développement économique » (LGDJ, 2019), « L’action éco(lo)nomique des collectivités publiques » (Legitech, 2024), « Droit des services publics » (Bréal, 2025) et « Contentieux administratif » (Bréal, 2025).

Publications récentes

  • Fiche pratique

    Intelligence territoriale : mettre en place un observatoire économique

    Les territoires, comme les entreprises, font partie d’un système concurrentiel mondial où la maîtrise de l’information est un facteur clé d’avantages concurrentiels. C’est en menant une démarche d’intelligence territoriale (IT) qu’un territoire maîtrise les connaissances nécessaires à son développement, lui permettant d’analyser et de suivre la mouvance du tissu économique local. L’IT peut se définir comme l’organisation innovante, mutualisée et en réseau de l’ensemble des informations et connaissances utiles au développement, à la compétitivité, à l’attractivité d’un territoire, collectivement et pour chacun de ses acteurs. En ce sens, la mise en place d’un observatoire économique est la base nécessaire à une démarche d’IT, notamment au sein de l’économie néolibérale contemporaine. En effet, depuis sa démocratisation quasi empirique à l’aube de la décentralisation et de l’établissement des contrats de plan État-région dans les années 1980, et son inscription de fait dans les objectifs du New Public Management, l’observatoire économique constitue un dispositif d’analyse continue mis en œuvre par un ou plusieurs organismes pour suivre l’évolution d’un phénomène, d’un domaine ou d’une portion de territoire dans le temps et dans l’espace, afin d’élaborer des analyses spécifiques, sectorielles et territoriales ainsi que des analyses générales quand cet échelon s’avère pertinent. C’est ainsi, par exemple, qu’ont été mis en place, parmi une multitude d’autres, l’observatoire d’analyse et d’appui au dialogue social et à la négociation, l’observatoire des emplois et métiers de l’économie verte, l’observatoire de l’économie du tourisme, ou encore l’observatoire de l’économie parisienne. Cinq cents observatoires régionaux avaient été recensés à l’aube des années 2000, et bien d’autres ont vu le jour depuis. Un observatoire économique sert avant tout à accompagner les territoires dans la réflexion et la mise en œuvre de projets structurants pour la valorisation des territoires (opération urbaine, zone d’activité, aménagement logistique, attractivité, besoin entrepreneurial). Pour mettre en place ce type de démarche, il convient d’exprimer la demande en amont. Puis il faut formaliser l’observatoire : mode de gouvernance, modèle associatif ou modèle institutionnel, variables à observer, moyens humains et matériels permettant de collecter et valoriser les données. L’observatoire peut alors être créé puis animé. Un contrôle et un suivi doivent aussi être mis en œuvre.

    #compétitivité du territoire #ingénierie territoriale
  • Fiche pratique

    Mettre en place un plan de mobilité

    Le plan de mobilité (PDM), dans toutes ses déclinaisons en vigueur à ce jour, comporte un double objectif : D’une part, il vise à réduire la surutilisation individuelle des véhicules en vue de fluidifier le trafic et de décongestionner les territoires. D’autre part, il vise à contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre, dans une finalité plus globale de lutte contre le changement climatique. Depuis le 24 décembre 2019, le plan de déplacement urbain a laissé la place au PDM, qui est aujourd’hui une obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés, et non plus de 100 salariés comme auparavant (C. transp., art. L. 1214-8-2), et qui est toujours une obligation pour les grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants, en tant qu’autorités organisatrices de mobilité (AOM) (C. transp., art. L. 1214-3). La démarche de mise en place des PDM varie en fonction des organismes concernés, qu’il s’agisse des plans de mobilité des entreprises (PDME) ou des plans de mobilité des administrations (PDMA), mais les prérequis restent majoritairement similaires, en matière de collaboration, de diagnostic ou encore de plan d’actions.

    #plan de déplacement #mobilité (agent)
  • Fiche pratique

    Déterminer et mettre en œuvre un marketing territorial adapté : méthodologie

    Le contexte territorial a subi, ces dernières années, de nombreuses mutations. La question de l’attractivité se pose notamment en matière d’enjeux nouveaux apparus dans les recherches de motivation quant aux emplois. Il s’agit aujourd’hui de se démarquer des autres pour attirer de nouveaux talents : la richesse humaine. Confrontés à un environnement de plus en plus concurrentiel, les territoires de toute taille s’attachent d’une part, à favoriser le maintien et l’évolution in situ des acteurs déjà présents (développement endogène), et d’autre part, à en attirer de nouveaux – entreprises, salariés, familles, touristes… – et/ou capitaux (développement exogène). La logique de marché, et donc de marketing, influence dès lors le développement des territoires… La succession des crises depuis la pandémie de Covid-19 et leurs conséquences économiques ne remettent pas en cause ce phénomène concurrentiel, d’autant que d’autres États cherchent dans le même temps à attirer investisseurs et entrepreneurs sur leur sol, hors de l’Union européenne ou au sein même du marché européen, ce qui ne peut qu’impacter le développement des territoires transfrontaliers. Ainsi, entrepreneurs, cadres, jeunes actifs, résidents, touristes, étudiants, porteurs de projet… constituent les cibles du marketing territorial, qui cherche à promouvoir les atouts et potentialités du territoire, à valoriser son image (marketing de l’offre) comme à répondre aux attentes supposées des cibles (marketing de la demande). Chaque territoire doit donc travailler son attractivité pour favoriser son développement et communiquer sur ses points forts. C’est tout le sens d’une démarche collective de marketing territorial qui valorise et adapte le territoire à des marchés concurrentiels pour influencer le comportement des publics visés par une offre dont la valeur perçue est durablement supérieure à celles des concurrents. Un retour d’expérience permet de bien mesurer l’importance de cette démarche, résumée par le slogan du marketing territorial mené par la ville et la métropole du Mans autour des 24 Heures du Mans : Of course Le Mans. Tandis, en effet, que les retombées financières directes de la course (billetterie, droits télé, droits de licences, marketing, écoles de pilotage, séminaires…) s’élevaient à 52,3 millions d’euros en 2014 (contre 25 millions en 2001 et 38 millions en 2009), les retombées financières indirectes (dépenses des spectateurs non locaux en hébergement et restauration…) s’élevaient quant à elles à 29,6 millions d’euros (contre 27,6 millions d’euros en 2009) et les retombées financières induites (liées aux entreprises locales dont l’activité est dépendante des sports mécaniques, les prestataires qui participent à l’événement) à 9,85 millions d’euros.

    #marketing territorial
  • Fiche pratique

    Créer une maison de santé pluriprofessionnelle

    Face à la baisse de la démographie médicale sur une partie du territoire national, voire à ce qui est qualifié de « désertification » sur certains secteurs et face au souhait des professionnels de santé de ne plus exercer leur activité de façon isolée, le concept de maison de santé s’est développé. Dans de nombreux cas, le regroupement de différents professionnels se fait de façon naturelle afin de partager les charges et de développer des relations de travail plus collectives. Cependant, la notion de maison de santé pluriprofessionnelle ou pluridisciplinaire va au-delà d’un simple rapprochement d’intérêts et constitue un outil qui peut être porté par les pouvoirs publics pour répondre à des problématiques d’accès aux soins sur certains territoires. La création d’une maison de santé pluriprofessionnelle s’inscrit donc dans une démarche globale des différents acteurs du territoire, nécessite une organisation bien particulière mais peut également bénéficier de financements publics.

    #établissement de santé #professionnel de santé
  • Fiche pratique

    Communiquer pour rendre son territoire attractif : le marketing territorial

    Dans un monde globalisé, marqué dans le même temps par la raréfaction des ressources et l’insécurité de certains approvisionnements, un territoire qui n’assure pas la continuité de son développement, comme toute organisation, est voué au déclin. À terme, un territoire peut donc se trouver déserté par ses acteurs : habitants, entreprises, capitaux, touristes, centres de formation, organisations culturelles, sportives, etc. Le territoire doit donc rester attractif pour être compétitif. Pour cela, il s’appuie sur les ressources existantes, mais il essaie aussi d’en faire émerger de nouvelles. Il s’emploie par ailleurs à faciliter les relations entre les acteurs locaux pour que chacun trouve localement les ressources nécessaires à son développement. Enfin, il veille à renforcer l’ancrage territorial de chaque acteur pour éviter la délocalisation de ces derniers vers des territoires équivalents ou possédant un avantage comparatif. De fait, un territoire doit donc travailler son attractivité pour être compétitif, un territoire travaille son attractivité, c’est-à-dire sa capacité à conserver les acteurs résidents et à attirer les acteurs extérieurs mobiles grâce à des avantages spécifiques. Pour être efficace, il doit développer une démarche globale appelée « marketing territorial ». La mise en place d’un plan de communication finalise cette démarche, elle rend effective l’attractivité du territoire.

    #marketing territorial
  • Fiche pratique

    Analyser et développer l’offre en matière de santé

    Dans de nombreuses enquêtes d’opinion, la santé apparaît comme la première préoccupation des Français. Aussi les élus territoriaux s’intéressent-ils régulièrement à cette thématique sur leur territoire. Les collectivités territoriales n’ont pas de compétence dans l’organisation des soins, mais face à la demande de leurs administrés, les élus cherchent malgré tout des moyens d’agir. Par ailleurs, les actions en matière de santé ne se limitent pas à la gestion de l’accès aux soins mais englobent tout ce qui peut permettre à une population de rester en bonne santé, que ce soit par de l’information ou de la prévention. Par ailleurs, les disparités territoriales en matière d’offres de soins sont de plus en plus mises en avant, même si le nombre de médecins a augmenté ces dernières années. En effet, il semblerait que cette évolution soit essentiellement due à la progression du nombre de médecins hospitaliers. De plus, sur les 214 224 médecins de moins de 70 ans en activité au 1er janvier 2021, 54 % ont plus de 50 ans (cf. « Quelle démographie récente et à venir pour les professions médicales et pharmaceutiques ? Constat et projections démographiques », Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques [Drees], Études et résultats, n° 76, mars 2021). Préalablement à toute action, il est donc nécessaire de réaliser un diagnostic « santé » du territoire, qui permettra de développer d’éventuels outils pour faciliter l’accès aux soins et favoriser l’information et l’accompagnement des habitants.

    #diagnostic de territoire #santé publique

Ressources associées