Consultant en achat public / Fondateur de ST agency - Intervenant dans le Master 2 Droit des Achats Publics de l'université Paris-Saclay
Domaines d'expertise
Biographie professionnelle
Expert en achat et consultant secteur santé.
Sébastien Taupiac est ingénieur biomédical, expert en technologies de la santé et en achat public, avec près de 25 ans d’expérience. Après avoir occupé divers postes à responsabilité à l’Ugap pendant vingt ans, il a été Directeur du développement chez Verso Healthcare et Directeur de la communication chez e-Attestations. En 2024, il fonde ST Agency, une agence de conseil en achat public, où il travaille désormais comme consultant indépendant.
Son expertise couvre l’ensemble des enjeux de l’achat public, de la réglementation à la gestion des équipes, avec des compétences reconnues en marketing, communication et relations publiques. Il est également intervenant à l’Université Paris-Saclay, administrateur à lʼAPASP, et formateur pour achatpublic.com.
Auteur du guide Optimiser vos achats publicsaux éditions WEKA, il publie régulièrement des articles sur des thèmes liés à la commande publique, la cybersécurité et la souveraineté européenne.
Publications récentes
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Fiche pratique 16 juin 2025
Savoir cartographier ses achats et identifier son portefeuille achats
Dans un contexte marqué par les crises sanitaires, géopolitiques, climatiques et économiques successives, la commande publique occupe une place stratégique. Elle doit répondre à de nouveaux impératifs : sécuriser ses approvisionnements, garantir une empreinte territoriale positive, maîtriser ses risques et se conformer à des exigences de transparence accrues. La cartographie des achats devient ainsi un outil clé de pilotage stratégique, permettant de connaître précisément l’origine, la nature, la répartition et la criticité des achats réalisés. Elle doit aujourd’hui intégrer non seulement les volumes financiers par segments et fournisseurs, mais également des données qualitatives sur les impacts sociaux, environnementaux, numériques et territoriaux. Cette cartographie, couvrant tous les tiers et tous les achats dès 1 euro, est indispensable pour piloter une politique d’achat responsable et résiliente. En effet, cette cartographie permet ou devra permettre au directeur des achats de disposer d’une photographie des consommations par segments, directions/services, par fournisseurs et catégories de fournisseurs. L’analyse du portefeuille permet l’identification des familles à forts enjeux et de repérer les angles d’amélioration de sa politique d’achats (gains achat, accès des PME à la commande publique, clauses sociales). La cartographie des achats est destinée, d’une part, aux responsables des achats pour élaborer leurs stratégies d’après les données fournies et, d’autre part, aux acheteurs qui peuvent utiliser les informations pour connaître la ventilation des fournisseurs travaillant sur leurs segments et les volumes d’achats associés afin de mieux appréhender les besoins internes. À titre illustratif, les principaux segments d’achats d’un établissement public hors segment métier spécifique (ex. : médicaments pour un hôpital) sont les suivants : environnement administratif (fournitures de bureau, mobilier, matériel informatique, impression) ; énergie et carburants ; services aux bâtiments (nettoyage, gardiennage, maintenance) ; équipement général (vêtements de travail, EPI, produits d’hygiène…) ; télécommunications. La réussite de ce processus repose sur trois étapes clés : la collecte de données fiables ; la segmentation de ses achats ; l’identification des familles importantes et stratégiques.
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Fiche pratique 16 juin 2025
Préparer et mener un dialogue acheteur prescripteur
Dans un contexte économique plus difficile et plus aléatoire (augmentation des prix et des coûts d’exploitation, hausse des coûts internes, disponibilité des produits, délai de livraison/réalisation, etc.), les budgets des entités publiques sont sous forte contrainte. Ce contexte doit donc conduire à de nombreux arbitrages, notamment en termes d’achat. L’achat le plus économique, rappelons-le, est celui que l’on ne fait pas. Plus que jamais, le dialogue des acheteurs publics avec les prescripteurs prend tout son sens. Leurs attentes mais aussi leurs retours d’expérience (acteurs du terrain) sont des éléments clés permettant de faire les meilleurs compromis afin de maintenir la satisfaction des usagers et l’attractivité vis-à-vis du service public. Leur expertise, que ce soit au niveau des produits, des services et des travaux, ou bien des moyens nécessaires pour les mettre en œuvre, permet l’expression des besoins (le cas échéant, en prenant en compte les évolutions techniques), le respect des normes techniques et des attentes des utilisateurs internes. Ils évaluent et sélectionnent les produits de manière à servir le juste besoin nécessaire en faisant les analyses techniques et en assurant une veille technique et technologique. Ils veillent aussi à la qualité technique délivrée par les fournisseurs aux côtés de l’acheteur. Ce dialogue est encore insuffisamment ancré dans les habitudes des acheteurs publics (au sens d’entité). C’est pourquoi il faut le préparer en amont, recenser les bons interlocuteurs à rencontrer et maîtriser le déroulement de l’entretien. Des échanges indispensables pour l’acheteur au moment de justifier ses choix ou d’ailleurs ses non-choix.
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Fiche pratique 16 juin 2025
Identifier et agir sur les contraintes externes pesant sur l’expression du besoin
La performance d’un acte d’achat repose avant tout sur une parfaite expression du besoin. Il est donc indispensable dès le début du processus achat d’identifier l’ensemble des contraintes externes pesant sur celle-ci. Afin de procéder au recensement des moyens d’action, il est nécessaire : de bien prendre en compte les caractéristiques et la structure du marché concerné (au sens économique du terme) ; de connaître le contexte économique/géopolitique du marché fournisseurs ; de connaître et maîtriser l’environnement juridique de ce futur achat ; d’identifier les différents leviers susceptibles de réduire les contraintes externes notamment juridiques, économiques, voire politiques, en jeu.
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Fiche pratique 16 juin 2025
Identifier et agir sur les contraintes internes pesant sur l’expression du besoin
Vous devez, avant d’engager un processus d’achat, veiller à recenser les contraintes internes qui pèsent sur l’expression du besoin et identifier les leviers mobilisables pour les atténuer. Il faut pour cela : prendre en compte les objectifs du schéma de promotion des achats publics socialement et écologiquement responsables (SPASER) ou de la stratégie d’achat de l’entité publique ; repérer les contraintes internes qui peuvent avoir pour effet de freiner la performance de l’achat voire l’achat ; évaluer et mesurer leur intensité et leur impact ; identifier et actionner les différents leviers susceptibles de les réduire.
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Fiche pratique 16 juin 2025
Veiller à développer sa capacité relationnelle en tant qu’acheteur
La fonction achat publique est aujourd’hui au cœur de multiples tensions : impératifs de sobriété budgétaire, attentes fortes sur la performance économique globale, injonctions de durabilité (RSE, circuits courts, décarbonation), pression réglementaire (Code de la commande publique, données essentielles) et exposition accrue au risque réputationnel et médiatique. L’acheteur ne peut plus se limiter à une expertise technique ou juridique. Il devient un acteur stratégique du dialogue, capable de mobiliser les prescripteurs, de convaincre les fournisseurs et de maintenir une dynamique coopérative. Les capacités relationnelles s’imposent donc comme des compétences clés, attendues dès le recrutement, évaluées tout au long du parcours professionnel, et renforcées par la formation continue. Il s’agit de savoir écouter, s’adapter, influencer sans imposer, négocier sans brutaliser, et inspirer confiance en interne comme en externe.
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Fiche pratique 20 mai 2025
Passer un marché « in house » avec un pouvoir adjudicateur dont on est membre
Certains marchés conclus entre entités appartenant au secteur public peuvent être qualifiés de contrats de coopération public-public ou de contrats de quasi-régie (ou in house). Dans les deux cas, ces contrats sont exclus du champ d’application du droit de la commande publique. Cette possibilité a été reconnue par la Cour de justice de l’Union européenne en 1999 (CJCE, 18 nov. 1999, Teckal, aff. C-107/98) puis a été codifiée dans les directives européennes de 2014. Toutefois, les juges de la CJUE ont eu l’occasion de préciser que le in house ne relève pas du champ d’application des directives ne saurait affranchir les pouvoirs adjudicateurs de respecter les principes d’égalité de traitement, de non-discrimination, de proportionnalité et de transparence fixés par le Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) (CJUE, 3 oct. 2019, aff. C-285/18). Depuis, les marchés de quasi-régie sont désormais régis par les articles L. 2511-1 et suivants du Code de la commande publique (CCP). La quasi-régie désigne un marché public conclu entre un pouvoir adjudicateur (y compris lorsqu'il agit en qualité d'entité adjudicatrice) et une personne morale de droit public ou privé qui, bien que dotée de la personnalité morale, constitue le prolongement administratif de celui-ci. Cette notion de « prolongement administratif de celui-ci » explique le terme « quasi-régie » en droit français et in house en droit communautaire. Pour recourir à ce type de contrat, certaines conditions cumulatives doivent être réunies.
