Pour plus de 9 collectivités sur 10, l’attractivité et l’accueil de nouvelles entreprises représentaient des enjeux stratégiques de territoire en 2025. Toutefois, la pression budgétaire conduit les collectivités, dont 8 sur 10 restent encore « optimistes » ou « très optimistes », à recentrer leurs actions, peut-on lire dans le 3e baromètre de l’attractivité des territoires, publié en mars 2026 par le groupe SCET et Ancoris. Même si, malgré tout, le nombre de répondants très optimistes a perdu 8 points en un an. En 2025, le nombre de projets d’investissements sur les territoires a chuté de 18 % par rapport à 2024, passant de 1 595 à 1 305 projets.
Réorientation des leviers opérationnels et arbitrages budgétaires
Les budgets dédiés à l’attractivité économique des territoires ont en majorité stagné et, devant la pression budgétaire, les collectivités ont concentré les moyens financiers sur certains leviers opérationnels. Ainsi, si l’événementiel (24 %), le financement des projets d’implantation (19 %) et la prospection extérieure au territoire (15 %) étaient en baisse en 2025, trois postes budgétaires étaient en augmentation au sein des collectivités interrogées : structuration de l’offre foncière immobilière (35 %), promotion et communication territoriale (26 %) et accompagnement des prospects et des entreprises (25 %).
Vers une sélectivité accrue : le ratio emploi-foncier comme critère de décision
Le manque de disponibilité du foncier et l’instabilité politique nationale freinent l’implantation d’entreprises sur les territoires. En effet, alors que les entreprises recherchent de plus en plus de foncier, les collectivités ont de moins en moins de ressources à leur proposer. Ce qui les conduit à être plus sélectives et à privilégier les projets qui consomment le moins de foncier par rapport au nombre d’emplois créés. De préférence, des emplois qualifiés, à plus forte valeur ajoutée, qui contribuent à renforcer le pouvoir d’achat local, à dynamiser l’économie du territoire et à favoriser l’ancrage durable des entreprises. En 2025, la part des projets générant moins de cinq emplois a beaucoup progressé : elle atteint 41 %, contre 30 % en 2024. Ces petits projets apparaissent comme plus rapides à déployer et « moins engageants financièrement » pour les entreprises. À l’inverse, on recense moins de projets de taille intermédiaire, comptant 20 à 50 emplois, qui passent de 16 % à 9 %.
Les collectivités cherchent également à développer des emplois qualifiés ou hautement qualifiés pour attirer et fidéliser des talents, notamment des jeunes diplômés. Autres critères importants pour accepter un projet d’implantation : la qualité environnementale des projets (nuisances, transports…) et l’acceptabilité par les citoyens.
Développer une offre foncière et immobilière économique
Les priorités territoriales restent très largement orientées vers les filières industrielles : 85 % des répondants les considèrent comme stratégiques. Juste derrière, les collectivités privilégient l’agroalimentaire (70 %), le tourisme (65 %), la santé (63 %), l’énergie et la décarbonation (63 %), ainsi que le numérique et l’intelligence artificielle (51 %). Ces filières s’appuient sur des ressources locales, des savoir-faire existants et des écosystèmes territoriaux, structurés, renforçant leur cohérence avec les enjeux économiques et environnementaux des territoires.
Les collectivités interrogées considèrent que trois chantiers sont prioritaires pour améliorer l’attractivité de leur territoire. En premier lieu, développer une offre foncière et immobilière économique est indispensable pour renforcer les capacités d’accueil concrètes du territoire (75 %). Viennent ensuite la recherche active d’entreprises à l’extérieur (63 %) et l’amélioration de l’offre territoriale de services comme la formation, la santé et la culture (60 %). Les territoires prospectent également les professionnels de santé et essayent d’optimiser l’accompagnement et l’implantation des prospects (59 %).
Les collectivités considèrent que l’État pourrait lever certains freins à l’implantation des entreprises : 8 sur 10 attendent qu’il simplifie le cadre réglementaire de l’urbanisme, du droit du travail ou de l’environnement. « Réduction des délais ou encore sécurisation des projets, la simplification de ce cadre s’impose comme une priorité majeure, largement partagée, quel que soit l’échelon territorial », précisent les auteurs du baromètre.
Marie Gasnier
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L’étude repose sur 9 000 entretiens avec des dirigeants porteurs de projets d’implantation, une enquête en ligne auprès de 156 collectivités et une analyse croisée entreprises-territoires. |
