Municipales 2026 : un électeur sur six a consulté l’IA pour déterminer son choix de vote

Publié le 19 mai 2026 à 15h40 - par

Lors du premier tour des élections municipales du 15 mars en France, 16 % des électeurs ont utilisé un outil d’intelligence artificielle pour arrêter leur choix de vote, selon une étude, publiée lundi 18 mai 2026, par le think tank Terra Nova.

Municipales 2026 : un électeur sur six a consulté l'IA pour voter
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L’intelligence artificielle comme outil d’aide à la décision électorale

L’enquête, réalisée à partir d’un sondage le jour du vote de Toluna Harris Interactive auprès de 4 145 électeurs dans les communes de 3 500 habitants et plus, distingue trois types d’usage : 7 % des Français ont été confortés dans un choix déjà formé, 5 % ont changé d’avis sous l’influence de l’IA et 4 % s’en sont servis pour se décider alors qu’ils ne savaient pas pour qui voter.

La hiérarchie des canaux d’information et la marginalité relative de l’IA générative

Parallèlement, 11 % des Français déclarent avoir consulté un outil d’IA générative pour s’informer durant la campagne. L’outil arrive en dernière position des sources d’information citées, loin derrière les tracts (59 %), les professions de foi (57 %), les discussions avec les proches (47 %) ou les réseaux sociaux (32 %).

L’analyse des clivages sociologiques, générationnels et territoriaux des usagers

Les écarts démographiques sont marqués. Les hommes ont deux fois plus recours à l’IA que les femmes pour trancher leur vote (20 % contre 10 %).

Chez les 18-24 ans, cette proportion monte à 35 %, contre 1 % pour les plus de 75 ans.

L’usage est également plus urbain que rural : il atteint 22  % dans l’agglomération parisienne, contre 7 % en zone rurale. L’auteur de l’étude, Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion de Toluna France, explique cet écart par la relation plus directe entre élus et électeurs dans les petites communes, qui réduit le besoin d’un outil de médiation.

Selon lui, le recours à l’IA reste donc encore minoritaire et davantage dans un but de confirmation du choix plus que de décision. Mais son poids pourrait croître sensiblement lors de la prochaine élection présidentielle, où « une influence sur 5 % des électeurs peut avoir de fortes conséquences politiques ».

Pour Jean-Daniel Lévy, « la question clé ne sera pas le recours à l’IA, mais qui la conçoit, comment est hiérarchisée l’information et avec quels garde-fous. »

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