Le gouvernement veut réduire de moitié les passages évitables aux urgences

Publié aujourd'hui à 16h00 - par

La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a présenté, début juin 2026, une nouvelle stratégie nationale visant à désengorger durablement les services d’urgence.

Le gouvernement veut réduire de moitié les passages évitables aux urgences
© Par Olivier-Tuffé - stock.adobe.com

Chaque année, les services d’urgence enregistrent près de 20 millions de passages. Si leur fréquentation a cessé d’augmenter, la pression reste considérable sur les professionnels de santé comme sur les établissements, rappelle le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. De fait, les urgences continuent d’être sollicitées pour des situations qui pourraient relever d’autres prises en charge. Dans le même temps, elles accueillent des patients toujours plus âgés, plus fragiles et nécessitant des soins plus complexes. « Chaque été comme chaque hiver, cette tension se traduit par des difficultés d’organisation, des temps d’attente parfois excessifs et des fermetures temporaires de structures », explique le ministère.

« Cette situation n’est plus soutenable. Les urgences doivent pouvoir se concentrer sur leur mission première : prendre en charge les situations les plus graves et les lus urgentes », insiste le ministère. C’est pourquoi la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a présenté, le 3 juin 2026, une nouvelle stratégie nationale visant à réduire les passages évitables aux urgences et à redonner durablement des capacités aux services d’urgence. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité du Pacte de refondation des urgences lancé en 2019. Parallèlement, Stéphanie Rist a adressé le 29 mai 2026, aux directeurs généraux des Agences régionales de santé (ARS), une circulaire afin de préparer le système de santé pour garantir l’accès aux soins non programmés et de médecine d’urgence durant l’été 2026. « Ma priorité est simple : protéger l’accès aux soins et l’urgence vitale, en évitant la saturation des services d’urgences et en orientant chaque patient vers la bonne réponse, au bon moment, au bon endroit », soutient Stéphanie Rist.

Avec sa nouvelle stratégie nationale, le gouvernement fixe l’objectif de réduire de moitié les passages évitables aux urgences, soit près de 4 millions de passages en moins chaque année, « afin de garantir à chaque patient une réponse plus rapide, plus adaptée et plus efficace. » La stratégie déclinée par la ministre s’organise autour de quatre priorités.

Offrir des alternatives concrètes aux urgences

Selon les estimations du ministère, 30 à 40 % des patients accueillis aux urgences pourraient être pris en charge ailleurs. Pour répondre à cette réalité, le gouvernement va poursuivre le déploiement du Service d’accès aux soins (SAS), désormais généralisé à l’ensemble du territoire métropolitain grâce à l’engagement de plus de 12 000 professionnels de santé. Ce dispositif permet aux patients d’obtenir rapidement une réponse médicale lorsqu’ils ne trouvent pas de solution de soins.

Les travaux engagés pour mieux encadrer les centres de soins non programmés seront également accélérés, afin qu’ils participent pleinement à la prise en charge des soins inopinés du quotidien et constituent une véritable alternative aux passages aux urgences, ajoute le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Mieux orienter les patients et réguler les entrées aux urgences

Lorsqu’un patient se présente aux urgences alors que son état ne relève pas de la médecine d’urgence, il doit pouvoir être orienté immédiatement vers une solution adaptée, explique le ministère. La réorientation à l’entrée des urgences sera ainsi généralisée progressivement sur l’ensemble du territoire. L’objectif est que tous les services d’urgence puissent proposer, lorsqu’elle est médicalement pertinente, une prise en charge rapide en ville plutôt qu’un passage prolongé aux urgences.

Le gouvernement souhaite également développer la régulation de l’accès aux urgences. Déjà expérimentée dans plusieurs territoires, cette organisation a démontré son efficacité en réduisant significativement le nombre de passages tout en garantissant la sécurité des patients, assure le ministère. Aussi, dès l’automne prochain, une centaine d’établissements identifiés avec les ARS mettront en place des dispositifs de régulation, afin d’anticiper les tensions hivernales. Les organisations qui auront démontré leur efficacité pourront être pérennisées.

Cette transformation reposera également sur le renforcement du rôle des assistants de régulation médicale, « acteurs essentiels de l’orientation des patients vers la bonne réponse de soins. »

Renforcer l’aval des urgences pour fluidifier les parcours de soins

L’amélioration durable du fonctionnement des urgences passe également par un renforcement de leur aval. Trop souvent, des patients demeurent plusieurs heures aux urgences faute de lit disponible ou de solution d’hospitalisation adaptée, contribuant directement à l’engorgement des services, rappelle le ministère. Le gouvernement promet donc d’engager plusieurs actions pour fluidifier les parcours des patients :

  • généralisation progressive de la gestion des lits ;
  • développement des admissions directes en hospitalisation, notamment pour les personnes âgées ;
  • renforcement des capacités de médecine polyvalente, de gériatrie et de soins de réadaptation.

Une attention particulière sera également portée aux patients les plus fréquemment accueillis aux urgences, afin de mieux coordonner leur suivi. Ces orientations seront complétées par les recommandations d’un rapport consacré à l’aval des urgences, confié à six personnalités qualifiées et remis au gouvernement dans les prochaines semaines. Elles viendront nourrir une feuille de route nationale visant à améliorer durablement la fluidité des parcours et les capacités d’hospitalisation.

Faire évoluer les réflexes de recours aux urgences

Désengorger les urgences suppose aussi de mieux informer les Français sur les solutions qui existent avant de s’y rendre. Le ministère va donc lancer une campagne nationale de sensibilisation autour d’un message simple : « Les urgences, ce n’est pas une évidence ! ».

« Nos services d’urgence ne peuvent pas être la réponse à toutes les situations de soins. Nous devons leur redonner de l’air pour qu’ils puissent se consacrer pleinement à leur mission : prendre en charge les urgences vitales et les situations les plus graves. Notre stratégie est simple : développer les alternatives, mieux orienter les patients et réduire massivement les passages évitables. C’est une condition indispensable pour améliorer durablement l’accès aux soins des Français », conclut la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist.


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