Le service public vaut mieux qu’une bataille de chiffres

Publiée aujourd'hui à 13h00 - par

À chaque campagne présidentielle, le même débat revient : combien de fonctionnaires faut-il supprimer ? 100 000, 200 000, davantage ? Comme si la réduction des effectifs pouvait tenir lieu de projet pour le service public !
Le service public vaut mieux qu'une bataille de chiffres
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Haute fonctionnaire depuis 28 ans, d’abord au service de l’État, puis des collectivités territoriales, je mesure chaque jour l’impérieuse nécessité du service public. Un service public qui se doit d’être efficace, performant et, surtout, utile à nos concitoyens. Car derrière les fonctionnaires, il y a d’abord des missions essentielles. Former, protéger, soigner, accompagner. Garantir la solidarité, la cohésion sociale, la proximité et la continuité de l’action publique.
Ce service public à la française est une force. Nous devons en être fiers. Et ceux qui le font vivre au quotidien méritent mieux que des caricatures ou des procès permanents.

Une évolution nécessaire

Être profondément attachés au service public, c’est aussi être exigeants sur son fonctionnement. Nos organisations doivent évoluer. Être plus simples, plus agiles, plus efficaces et moins coûteuses. L’exigence de bonne utilisation de l’argent public est légitime. Elle est même indispensable à la confiance des citoyens.
Mais ne confondons pas réforme de la dépense publique et réduction arbitraire des effectifs. La question première est celle des missions, de l’organisation et des résultats attendus.
Et surtout, l’État central doit, enfin, accepter de se réformer lui-même. Supprimer les doublons, mettre fin à l’inflation normative, simplifier radicalement les procédures et engager une véritable décentralisation. Ce serpent de mer de notre vie publique, sans cesse annoncé, jamais véritablement abouti.
Il faut enfin remettre de la confiance.

Faire confiance

Faire confiance aux élus locaux, aux cadres et aux agents. Leur donner des responsabilités et de réelles marges de manœuvre. Évaluer les résultats plutôt que multiplier les normes, les indicateurs et les procédures.
Car la performance publique ne se décrète pas. Elle se construit sur le terrain, avec celles et ceux qui font vivre le service public.
Sans confiance ni responsabilité à tous les échelons, nous resterons condamnés à des débats qui divisent plutôt qu’à des réformes qui transforment.

Karin Topin-Condomitti, DGS de Cannes et co-présidente
de l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF)

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