Adopter des solutions alternatives aux pesticides

Développement durable

Les produits chimiques seront interdits sur les espaces verts début 2017. Un guide présente des solutions douces pour les remplacer.

Le 1er janvier prochain, les communes ne pourront plus utiliser de pesticides chimiques sur les espaces ouverts au public : espaces verts, voiries, forêts et promenades. Ces produits phytosanitaires ont un effet désastreux sur l’environnement (pollution de l’eau…), la biodiversité et l’homme (personnels d’entretien et population). En revanche, les produits qui utilisent les mécanismes naturels (« biocontrôle »), les produits qualifiés à faibles risques et ceux utilisables en agriculture biologique resteront autorisés.

Dès 2008, le plan « Écophyto » des ministères de l’Environnement et de l’Agriculture incitait les communes à réduire progressivement l’emploi de pesticides, à l’aide de techniques et des méthodes douces. Le plan propose un large panel d’outils pour aider à la transition. Un récent guide* présente des solutions alternatives adoptées par quelques collectivités exemplaires.

L’Isle d’Espagnac (Charente, 5 290 habitants), a planté de la fétuque sur les terrains de sport : une herbe très résistante aux piétinements qui nécessite peu d’arrosage. La commune économise ainsi plus de 8 000 m3 d’eau chaque année. Elle utilise aussi une huile biologique (mélange de mychorhize – un champignon-éponge -, d’eau et de purin végétal) pour entretenir et renforcer les plantes. Ce qui évite l’évaporation de l’eau et fortifie les défenses naturelles des végétaux, tout en permettant une vie diversifiée dans le sol. En supprimant les pesticides chimiques, les coccinelles qui régulent naturellement la présence de pucerons sont revenues ; du purin artisanal à base d’ortie, qui fait durcir les feuilles d’arbres, empêche leur prolifération. La création de jachères sauvages riches en biodiversité a favorisé le retour en ville d’une cinquantaine d’insectes (abeilles, papillons, chenilles…) ; elles accueillent également des nichées d’oiseaux.

Pour informer la population et lui faire accepter une nature plus spontanée et plus sauvage, des labyrinthes végétaux (potager, fruitier, dédié au blé…) ont été créés dans toute la ville, afin de montrer que les plantes et les herbes folles qui poussent aujourd’hui sur les trottoirs sont des espèces comestibles ou médicinales. La commune récupère également les cartons usagés pour entretenir les massifs fleuris et plantés d’arbustes. Posés sur la terre, ils sont recouverts d’écorces d’arbres, ce qui fait ressortir les vers de terre et constitue un paillage gratuit tout en évitant de désherber les massifs.

À Vieux-Condé (Nord, 10 200 habitants), dans le vaste patio végétalisé de la nouvelle école maternelle, les élèves peuvent s’initier au jardinage. Dans toute la ville, des plantations diversifiées garantissent un écosystème riche et favorisent le développement naturel d’espèces animales. Avec des plantes durables, la ville est fleurie toute l’année, et des massifs servent de refuge à de nombreuses espèces d’insectes, où prédateurs et proies s’autorégulent.

Le guide rappelle tous les grands principes à respecter pour supprimer les pesticides dans les communes : formation du personnel, plan de gestion différenciée et plan de désherbage alternatif, nouvelle image de la nature en ville… L’interdiction des divers pesticides sera élargie aux jardiniers amateurs dès 2019.

Marie Gasnier

 

* Source : Plan Écophyto Le guide pratique des solutions

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