L’Observatoire national de la biodiversité publie un bilan inquiétant

Développement durable

Habitats et milieux naturels en baisse, persistance des pesticides, pression démographique sur le littoral… Avec un tiers des espèces à protéger menacées, la biodiversité est en danger. L’ONB tire la sonnette d’alarme, mais rappelle que les initiatives pour la préservation s’intensifient.

Le contexte général d’évolution de la biodiversité en France est préoccupant, selon l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) qui publie un bilan chaque année depuis cinq ans. En 2017, une centaine d’indicateurs montrent notamment « une évolution inquiétante des espèces et un état mitigé des milieux naturels ». La destruction des habitats naturels se poursuit, certaines pollutions persistent, les espèces exotiques envahissantes progressent fortement. Face à cette situation très pessimiste, la connaissance, la prévention et la lutte s’intensifient. Le bilan 2017 intègre quinze nouveaux indicateurs.

Quelques exemples. Près d’un quart des oiseaux communs sensibles aux dégradations des écosystèmes ont régressé (1989 – 2015), comme près de la moitié des chauves-souris (2006 – 2014). Un tiers des 3 700 espèces évaluées dans les listes rouges UICN-MNHN (Union internationale pour la conservation de la nature, Muséum d’histoire naturelle) sont menacées, et 5 % du territoire métropolitain est concerné par la présence régulière d’un grand prédateur : loup, lynx, ours.

En métropole, les secteurs de nature remarquable (ZNIEFF) ont perdu environ 37 000 hectares de surfaces de milieux naturels entre 1990 et 2012. Sur les territoires agricoles, qui constituent la moitié du territoire, les grands espaces en herbe ont aussi beaucoup régressé (2000 – 2010). Chaque année, 67 000 hectares de milieux naturels sont détruits par artificialisation. Toujours pollués par les nitrates, les cours d’eau reçoivent moins de pesticides. Mais la consommation de produits phytosanitaires ne cesser d’augmenter (+ 18 % depuis la période de référence 2009 – 2011), alors qu’elle baisse pour les usages non agricoles, très minoritaires. Quant au littoral, il subit une pression résidentielle et touristique croissante ; en hausse, elle est estimée à 630 habitants au km2 (2013) contre 152 pour l’ensemble du territoire.

Toutefois, la prise de conscience de ces atteintes est réelle, aussi bien auprès des citoyens que des autorités : plus de 2 milliards d’euros ont été affectés à la préservation de la biodiversité en 2014 – une hausse constante depuis plus de dix ans. Sur le terrain, les mesures s’intensifient également. La part du territoire concerné par un schéma d’aménagement intégrant les enjeux de biodiversité est passée de 0,7 % en 2011 à 19 % en 2016.

L’ONB rappelle que, pour agir efficacement, il convient d’améliorer les connaissances. En effet, même si le système d’information sur la nature et les paysages (SINP) est de plus en plus complet (17 % de données supplémentaires entre 2015 et 2016), les trois quarts des groupes d’espèces sont considérés comme mal connus. Les indicateurs de l’ONB constituent une source d’information primordiale. Le site Indicateurs-Biodiversité dispose de près de cent indicateurs, alimentés par les sources de données nationales. De nombreux experts y collaborent : direction de l’eau et de la biodiversité (DEB), service des statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique et solidaire, Muséum national d’histoire naturelle, Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Animé depuis sept ans par la direction de l’eau et de la biodiversité, l’ONB devrait être transféré prochainement à la nouvelle Agence française pour la biodiversité (AFB).

Marie Gasnier

 

La France compte 16 773 espèces endémiques ou sub-endémiques (présentes uniquement sur notre territoire) : un patrimoine naturel exceptionnel qui impose une responsabilité internationale.

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum