Violences conjugales : un site pour que les victimes puissent « garder des traces »

Droit des femmes

La fédération France Victimes lance lundi 23 novembre 2020 sous l’égide du gouvernement un site internet, « Mémo de Vie », qui permet aux victimes de violences, notamment conjugales, de sécuriser en toute discrétion photos et témoignages des agressions subies.

La plateforme permet à l’utilisateur de créer un compte sécurisé où il peut tenir un journal, évaluer son sentiment de danger, mais aussi conserver des photos, des enregistrements sonores ou des documents officiels et médicaux.

« Il faut garder des traces, même si ce qui est inscrit dans ‘Mémo de Vie’ ne constitue pas une preuve, dans une enquête ça permet de confronter le mis en cause avec des éléments », explique la porte-parole de France Victimes, Olivia Mons. 

« C’est aussi une béquille mémorielle, et on sait que les traumatismes peuvent créer des troubles de la mémoire », poursuit-elle.

Afin d’assurer la sécurité de ses utilisateurs, « Mémo de Vie » peut être quitté rapidement, par un bouton qui renvoie vers le site de Météo-France.

Pour construire la plateforme, la fédération s’est inspirée de propositions citoyennes postées sur le site Make.org, et a travaillé avec des victimes de violences conjugales.

« Quand ça m’est arrivé, j’avais gardé des photos dans mon téléphone, mais je n’ai pas pu les garder, car il fouillait dedans et il était tombé dessus », témoigne ainsi auprès de l’AFP Stéphanie, 49 ans, l’une des accompagnatrices du projet et ancienne victime de violences conjugales.
 
« Ça peut aussi aider à la prise de conscience, d’archiver et de pouvoir relire » ajoute-t-elle.

Le site centralise aussi des contacts d’associations et des ressources juridiques visant à informer la victime de ses droits.

« Mémo de Vie », lancé sous l’égide du ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, d’Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Égalité entre les Hommes et les Femmes, et de Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, sera déployé à plus grande échelle au premier semestre 2021 avec pour objectif d’aider, à terme, 20 000 victimes par an.

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