Éducation nationale : 700 millions d’euros pour revaloriser les salaires en 2022

Éducation

Le Grenelle de l’Éducation vise, notamment, à « mieux reconnaître financièrement l’engagement des personnels ».

Le Grenelle de l’Éducation, qui s’est tenu le 26 mai 2021, a abouti à 12 engagements pour renforcer le service public de l’éducation. Tous seront mis en œuvre avant janvier 2022, promet Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Le premier engagement vise à « mieux reconnaître financièrement l’engagement des personnels ». L’État y consacrera 1,1 milliard d’euros sur 2 ans (2021-2022), dont 700 millions dédiés aux revalorisations salariales en 2022.

Dès ce mois de mai 2021, une prime d’attractivité est attribuée à tous les enseignants titulaires de l’enseignement public et privé sous contrat, conseillers principaux d’éducation (CPE) et psychologues de l’Éducation nationale, en début et milieu de carrière, « afin d’offrir une rémunération accrue aux jeunes professeurs et de faciliter le déroulement des premières années de carrière ». Cette prime est différente suivant l’échelon, en privilégiant les débuts de carrière, puis en appliquant un principe dégressif. Les contractuels dont l’indice de rémunération se situe en-deçà de l’indice brut 591 sont également éligibles à cette prime. Elle concerne cette année les professeurs titulaires et assimilés jusqu’au 7e échelon, soit sur les 15 premières années de leur carrière. Son montant annuel, compris entre 500 et 1 400 euros pour les personnels titulaires concernés, représente un coût en année pleine de 253 millions d’euros. L’État souhaite poursuivre ses efforts de rémunération en direction de ces mêmes personnels et renforcer ainsi l’attractivité du métier de professeur. Des discussions vont donc être engagées dans les prochains jours avec les organisations syndicales pour travailler à de nouvelles propositions pour 2022.

Parallèlement, le taux de promotion des enseignants accédant à la hors-classe sera porté à 18 % dès 2021 (17 % en 2020), pour 1 700 bénéficiaires supplémentaires par an. Cela représente un effort de 8 millions d’euros charges comprises en année pleine. Ce taux de promotion sera également confirmé pour 2022.

Des revalorisations sont prévues pour :

  • Les CPE et professeurs documentalistes : respectivement + 236 euros et + 233 euros bruts par an, pour un coût de 3,2 millions d’euros et 3,1 millions d’euros ;
  • Les inspecteurs de l’Éducation nationale, qui bénéficient par ailleurs de la création d’un 11e échelon pour les IEN (4,3 millions d’euros au total) ;
  • Les personnels de direction, dont les possibilités d’avancement à la hors classe sont également améliorées (20,9 millions d’euros au total) ;
  • Les directeurs d’école (+ 450 euros bruts en 2021, soit 21,1 millions d’euros).

Des travaux sont en cours avec les partenaires sociaux sur l’évolution des corps d’inspection en termes de mission et de revalorisation. Ils sont appelés à s’intensifier dans le cadre des évolutions de 2022, a annoncé le ministre. Des travaux sont aussi engagés avec les représentants des personnels administratifs dans la perspective d’un plan de requalification de la filière administrative. Les échelles de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) seront rehaussées avec une attention particulière sur les débuts de carrière. Des discussions ont récemment été initiées avec les personnels de santé. Elles doivent permettre de déboucher sur des mesures de revalorisation dès 2021, estime Jean-Michel Blanquer. Enfin, une revalorisation des carrières des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) sera portée dans les discussions des prochaines semaines.

À partir de janvier 2022, dans le cadre du renforcement de la protection sociale complémentaire des agents publics amorcé par le gouvernement, les agents du ministère, les AED et AESH recevront une participation de leur employeur au financement de leur mutuelle santé. D’un montant de 15 euros par mois, ce versement revalorisera les rémunérations de la très grande majorité des agents, pour un coût annuel évalué à 200 millions d’euros.

À la suite de la première étape de 2021, c’est donc une enveloppe globale de 700 millions d’euros qui sera mobilisée en 2022 pour revaloriser les personnels. À savoir :

  • 100 millions d’euros pour la montée en puissance des mesures de 2021 ;
  • 400 millions d’euros pour la mise en œuvre des nouveaux engagements ;
  • 200 millions d’euros pour la protection sociale complémentaire.

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