Expérimentation du choix donné à la famille pour l’orientation

Éducation

Dans un rapport d’étape remis à la ministre de l’Éducation nationale, l’Inspection générale livre son analyse du suivi de l’expérimentation du choix donné à la famille dans la décision d’orientation au collège. Quels enseignements en tirer ?

Un protocole d’enquête, de nombreuses audiences et des enquêtes de terrain à Bordeaux, Limoges, Lyon, Reims, Strasbourg, Toulouse permettent de dégager des éléments d’appréciation pour le suivi de l’expérimentation en cours.

L’article 48 de la loi d’orientation et de programmation prévoit que « à titre expérimental, pour une durée maximale de trois ans, (…) la procédure d’orientation (…) peut être modifiée afin que, après avoir fait l’objet d’une proposition du conseil de classe et au terme d’une concertation approfondie avec l’équipe éducative, la décision d’orientation revienne aux responsables légaux de l’élève ou à celui-ci lorsqu’il est majeur ».

En partant du principe que la décision ultime d’orientation revient aux familles, le rôle du chef d’établissement et des équipes éducatives, à travers le conseil de classe, se trouve profondément modifié. Il faut opérer une « réorientation » vers des missions de conseiller, s’appuyant en cela « sur des arguments plus pédagogiques et moins strictement scolaires ». Ce défi n’est pas facile à relever… Car en effet, plus que laisser réellement le dernier mot aux parents concernant l’orientation de leur enfant, il s’agit surtout de repenser le processus en amont. Comment ? En préparant mieux et en accompagnant les élèves et leurs parents dans le cheminement.

Le rapport le montre : qui dit dernier mot dit plus de responsabilités pour les familles. Or toutes les familles ne maîtrisent pas les codes sociaux et scolaires qui permettent de faire le choix le plus éclairé possible. Si l’on ajoute le fait que le conseil de classe « semble plus soucieux de trouver un consensus avec les parents que de réfléchir réellement au potentiel de chaque élève », on comprend aisément que l’origine sociale des familles joue un grand rôle. Dans le panel de 2007, plus de 90 % des enfants de cadres, de professions libérales et d’enseignants demandent une orientation en seconde GT, contre 63,3 % des enfants d’employés et 47 % des enfants d’ouvriers non qualifiés. L’IG pointe ainsi le fait que le conseil de classe consiste à « entériner en quelque sorte la faible ambition relevée chez les enfants de milieu moins favorisé ».

Le cahier des charges fixait plusieurs attendus à l’expérimentation :

  • une meilleure reconnaissance de la place des parents et l’affirmation du principe d’une coéducation dans le domaine de l’orientation ;
  • une meilleure implication des parents dans l’appropriation du parcours scolaire de leur enfant ;
  • une revalorisation de la voie professionnelle dès lors qu’elle serait davantage choisie et non subie ;
  • une évolution des pratiques d’évaluation, notamment la prise en compte des compétences autres que strictement scolaires dans la construction du parcours d’orientation, ce qui amènerait à distendre la relation entre notation et choix exprimé ;
  • une évolution du pilotage pédagogique de l’orientation par le chef d’établissement.

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