Faire évoluer la définition du métier enseignant

Éducation

C’est ce que propose un rapport de l’IGEN et de l’IGAENR relatif aux « composantes de l’activité professionnelle des enseignants outre l’enseignement dans les classes ».

Ce rapport intitulé « Les composantes de l’activité professionnelle des enseignants outre l’enseignement dans les classes », daté de juillet mais publié le 21 septembre dernier, fait un constat sans appel : un « alourdissement général de la charge de travail des enseignants au cours des dix dernières années » s’est opéré même si les choses sont variables en fonction du lieu où l’on exerce, des situations professionnelles vécues et de l’investissement de chacun dans le métier d’enseignant.

Le rapport préconise de mieux « revaloriser l’image du métier d’enseignant ». Pour ce faire, il conviendrait de « mieux prendre en compte l’investissement réel des professeurs, dans un cadre de gestion renouvelé ». Il invite à revisiter la définition du métier enseignant, estimant qu’à l’heure actuelle ses contours sont bien flous voire très décalés par rapport à l’existant. Ainsi, beaucoup de missions sont « invisibles » alors même qu’elles sont indissociables des tâches d’enseignement. Dans l’opinion publique, y compris vis-à-vis des parents, cela serait perçu positivement.

En matière d’activités des enseignants au-delà des heures de cours, les rapporteurs pointent notamment :

D’autres missions que le rapport qualifie d’ « indispensables au fonctionnement de l’école ou de l’établissement ainsi que du système éducatif, mais qui pourraient être assurées sur le principe du volontariat et à tout le moins avec l’accord du professeur désigné » doivent être prises en compte :

  • conduite de projets,
  • dialogue avec l’élève et sa famille sur le projet d’orientation,
  • formation…

Accompagnant cette nouvelle définition du métier, il semble incontournable de revisiter la définition des obligations réglementaires de service. En ce qui concerne les enseignants du 2nd degré, les rapporteurs se refusent à focaliser sur la définition d’obligations annuelles. Ils proposent, en guise de premier pas, une définition d’horaires hebdomadaires maximum mais « couplés à une définition du métier intégrant, au-delà des heures d’enseignement stricto sensu ».

Le ministère de l’Éducation nationale, s’il suivait cette piste, aurait ainsi à trancher entre deux hypothèses :

  • soit réduire le nombre d’heures d’enseignement stricto sensu au profit d’autres activités en faveur des élèves ou de l’établissement, avec les conséquences financières qu’entraînerait une telle solution,
  • soit augmenter l’actuel nombre d’heures maximum de services des enseignants en ajoutant d’autres activités que l’enseignement stricto sensu. Bien entendu, cette deuxième hypothèse nécessiterait en contrepartie une surrémunération.

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