Grève dans les écoles : un quart des enseignants du primaire en grève

Éducation

La grève dans les écoles maternelles et élémentaires était suivie mardi 19 mars 2019 par près d’un quart des enseignants, selon les chiffres du ministère de l’Éducation, alors que le principal syndicat du primaire recense de son côté quelque 40 % de grévistes.

Selon les chiffres du ministère publiés à la mi-journée, 16,09 % des enseignants se sont mis en grève lors de cette journée de mobilisation inter-professionnelle : 23,84 % dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires) et 8,85 % dans le second degré (collèges et lycées).

« Cela ne fait sans doute pas plaisir au ministère mais nous comptabilisons environ 40 % des collègues en grève aujourd’hui », a de son côté indiqué à l’AFP Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, se félicitant du « taux le plus haut depuis 2017 ».

Selon elle, les enseignants contestent le projet de loi « sur l’école de la confiance », voté en février à l’Assemblée nationale, et la politique de Jean-Michel Blanquer en général, qui « n’a pas de colonne vertébrale éducative ».

Dans le secondaire, le Snes-FSU n’avait pas de remontées sur le taux de grévistes, les professeurs des collèges et lycées n’ayant pas l’obligation de se déclarer à l’avance, contrairement au premier degré.

Les enseignants étaient nombreux mardi parmi les manifestants qui réclament davantage de pouvoir d’achat et veulent défendre les services publics, lors de la journée d’action organisée par la CGT et FO.

À Nice, la manifestation comptait ainsi dans ses rangs des institutrices de maternelle inquiètes de voir leurs classes davantage surchargées à la rentrée, des professeurs de lycées professionnels et des enseignants de collège venus dénoncer la casse de leur métier et les réformes menées par le ministre, a constaté l’AFP.

Emmanuelle Cazach, enseignante au lycée professionnel Pasteur de Nice et syndiquée (Snuep-FSU), s’interroge ainsi sur la rénovation de la voie professionnelle lancée par le ministre. « En 2020, on risque d’avoir cinq postes qui vont sauter, en maths, français, arts. On supprime des heures d’enseignements à des enfants qui ont déjà moins, et qui sont déjà à plus de 60 % issus de milieu défavorisés. Mais bien sûr, ça ne concerne pas les enfants de ministres, de profs ou de journalistes ! », dit-elle.

À Rennes, Pierre, enseignant en CM1, est descendu dans la rue pour une revalorisation des salaires et contre la loi Blanquer : « Son projet de loi propose de créer des établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux qui permettent de fusionner écoles et collèges de secteur. On a peur que ça entraîne des fermetures de classes mais aussi d’écoles, et une disparition des directeurs d’écoles qui assurent une partie du service public de proximité ».

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