Les Assises régionales de l’Éducation Partagée

Éducation

Les Assises régionales de l’Éducation Partagée s’inscrivent dans un programme de rencontres organisé dans 8 villes sur tout le territoire du 8 avril au 7 mai 2013, dans le cadre de la nouvelle loi d’orientation et de programmation pour refonder l’école de la République. Celle-ci reconnaît pour la première fois les PEDT et comprend le principe de la réforme des rythmes scolaires.

Ces Assises Régionales de l’Éducation Partagée sont portées par le Réseau Français des Villes Éducatrices, les Francas, la Ligue de l’Enseignement et l’ANDEV. Elles s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle loi d’orientation et de programmation pour refonder l’école de la République.

L’objectif de ces Assises est d’accompagner la mise en œuvre des projets éducatifs locaux et de la réforme des rythmes dans le cadre de la loi. Il s’agit de sensibiliser et d’outiller les communes, les intercommunalités et les acteurs éducatifs des territoires, dans leurs réflexions sur les PEDT/PEL et la réforme des rythmes. La majorité des communes adhérentes au RFVE sont convaincues que l’éducation dépasse le champ strictement scolaire et sont engagées dans une démarche éducative transversale : elles sont en mesure aujourd’hui d’accompagner celles qui entament un processus de projet éducatif territorial. Il s’agira donc de donner à tous des outils méthodologiques et organisationnels, de confronter et mutualiser des expériences existantes, et de se pencher sur les contenus des différents temps de l’enfant (éducation artistique et culturelle, éducation physique et sportive, environnemental, scientifique et technique, etc.). Collectivités, enseignants, agents, acteurs associatifs, représentants de parents d’élèves, institutions, caisse d’allocation familiale, etc. traiteront de l’articulation de ces temps scolaire, périscolaire et extrascolaire et de leurs pertinences, qualitative et quantitative.

Ces Assises s’inscrivent dans la préparation des 5es Rencontres Nationales des Projets Éducatifs Locaux, organisées par la ville de Brest et la Francas les 5 et 6 novembre 2013 et dans la perspective des 9es Rencontres de l’Éducation (Rennes, Ligue de l’Enseignement, automne 2014). Elles sensibiliseront et mettront en lien au niveau local les différents acteurs éducatifs, susceptibles de travailler ensemble dans ce nouvel aménagement de la journée, de la semaine et de l’année. La dernière étape de ces Assises aura lieu à Lille le 7 mai 2013.

Voici l’intervention de Bernard Meyrand, vice-président de l’ANDEV, le 12 avril 2013, lors des Assises de Lormont autour de la question :
quels sont les possibles pour construire des parcours dans le cadre des PEL/PEDT ?

« L’ambition des collectivités dans les domaines de l’éducatif n’est aujourd’hui plus à prouver : elle se concrétise par le financement de près de 40 % des dépenses globales sur l’éducation en hausse constante en dépit des difficultés financières des collectivités (en termes simples pour la ville de Lyon : 1 agent pour 1 enseignant dans la direction de l’éducation).

L’ANDEV regroupe des cadres de l’éducation présents dans plus de 800 collectivités (communes, communautés de communes, départements) au travers de ses adhérents directs, mais aussi de ses 10 réseaux régionaux : cette richesse d’engagements professionnels et militants s’illustre dans l’appel de Bobigny et les propositions présentes dans la plate-forme. Elle s’illustre dans l’implication forte de ses adhérents dans les centaines de Projets Éducatifs Locaux qui existent ou sont en cours de construction dans le pays : l’ANDEV, qui a fortement contribué dès le début des années 90 au concept de Projet Éducatif Local au côté du mouvement d’éducation populaire, entend bien mettre son expertise et son savoir-faire dans la construction des nombreux Projets Éducatifs de Territoire qui ne vont pas manquer de se construire dans l’hexagone : nous y sommes prêts.

De fait, pourquoi des Projets Éducatifs de Territoire ?

Il est nécessaire de faire un détour sachant que, pour l’ANDEV, la réussite scolaire est inséparable de la réussite éducative pour construire un cadre éducatif projet. Rassurez-vous, le détour est court : il commence par la concertation de l’été 2012 qui a présidé à la future loi de refondation de l’école : au-delà des conditions (délais, groupes importants, sujets très larges…), l’ANDEV a participé activement aux séances, en y voyant l’opportunité de capitaliser l’ensemble des propositions de la plate-forme de l’appel de Bobigny.
Si nous ne trouvons pas dans les loi, décrets et circulaires, tous les éléments liés à des enjeux éducatifs (on a dit que c’était la refondation de l’école), nous trouvons dans les mesures de bonnes raisons d’avancer :

  1. Le socle commun de compétences et de culture est confirmé comme structurant la scolarité obligatoire : en témoigne l’extension sur la question culturelle et artistique, la confirmation des piliers 6 et 7 qui, au regard du savoir-être, engage l’ensemble de la communauté éducative bien au-delà de l’école.
  2. La scolarisation des 2 ans est confirmée comme étant un projet éducatif partenarial en soi : il ouvre la porte des relations entre les professionnels de la petite enfance et les personnels (enseignants, ATSEM) des écoles maternelles.
  3. Le plus de maître que de classe remet à jour la question de l’innovation pédagogique et renouvelle les enjeux dans l’éducation prioritaire (vigilance tout de même pour l’ANDEV sur l’avenir de la démarche issue des PRE).
  4. La formation des enseignants revient de loin avec la création des ESPE. Souhaitons également que des formations communes (enseignants, animateurs, agents et cadres des collectivités, IEN, associatifs) se multiplient pour construire le cadre de travail des projets éducatifs (cf. l’organisation de stages cadres Collectivités-IEN à l’initiative de l’ANDEV et construits avec le CNFPT et l’ESEN depuis 2010 pour construire une culture commune).
  5. La légitimation des PEL avec les PEDT : si la position initiale de l’ANDEV visait à confirmer une démarche volontaire des collectivités et non pas une obligation, il ne tient qu’à relever aujourd’hui l’intérêt de multiples collectivités pour s’engager dans ce processus légitimé par la loi de refondation et la circulaire interministérielle qui est sufisamment large dans ses contenus pour tenir compte des enjeux territoriaux spécifiques.
  6. La réforme des rythmes que je place en 6e position, non pas parce qu’elle est secondaire, mais parce qu’elle est une partie d’un tout qui requiert cohérence et attention. L’ANDEV se bat depuis longtemps pour cette réforme ; elle s’inscrit donc dans le courant qui croit dans ses potentialités :
  • Les acquis de la recherche et non pas uniquement le point de vue des chronobiologistes.
  • Le consensus qui s’est manifesté à l’occasion de la conférence nationale sur les rythmes mise en place, rappelons-le, par Luc Chatel.
  • Le large accord manifesté par les signataires de l’appel de Bobigny.
  • Les expériences nombreuses sur les 4,5 jours (région de Toulouse, mais aussi les expériences conduites : Brest, Nantes, La Roche-sur-Yon, Nevers, Lyon, dans lesquelles les cadres de l’ANDEV ont été très présents au côté du RFVE.
  • De fait, à partir des conclusions de la conférence sur l’école, l’ANDEV a œuvré : ainsi la responsabilité d’assurer la pérennité de la réforme nous a montré une certaine impréparation des ministères avec lesquels nous avons tout de même travaillé pour améliorer les dispositions : la dotation de l’État ; les moyens de la CNAF pour les ALSH périscolaires ; les conditions d’encadrement des enfants au regard de la réglementation ; l’écriture de la circulaire sur le PEDT.

À côté de cela, nous avons pu constater les réactions au sein de la société civile :

  • le recul du monde enseignant dont les revendications légitimes se sont cristallisées sur la réforme des rythmes,
  • les inquiétudes des parents en dépit des positions nationales des fédérations de parents d’élèves,
  • des considérations de nombres d’élus (et de cadres de l’éducation aussi) tendus par les incertitudes financières et la question des délais pour passer en 2013.

Dans ce contexte, l’ANDEV n’entend pas manier la langue de bois pour rappeler fraternellement aux enseignants, acteurs incontournables de la communauté éducative, que la réforme impacte aussi les fonctionnaires territoriaux (les ATSEM, agents de catégorie C gagnant de 1 200 à 1 700 € par mois, vont aussi travailler le mercredi matin et sont également sollicitées sur le périscolaire). L’équipe enseignante, qui a conduit l’expérience d’une école lyonnaise sur les 4,5 jours, avait fixé un des objectifs de se donner les moyens de se réunir en équipe complète, mais également avec la communauté éducative durant la semaine.

Alors quelles perspectives se donnera la communauté éducative (et ces assises en sont aussi un temps fort) pour construire et préparer la mise en œuvre des PEDT ?

Ces PEDT sont les PEL existants qui constituent la matrice permettant à l’ensemble des acteurs éducatifs d’une commune, communauté de communes, etc. d’œuvrer à la construction des parcours.

La notion de parcours renvoie aux diverses acquisitions et compétences inscrites dans le socle commun ; elle renvoie aux besoins différenciés des enfants et à l’attention que l’on doit porter collectivement ou individuellement à ces données. Nous pointerons quelques enjeux intéressant la réforme des rythmes :

1. La réduction du temps scolaire au quotidien va se traduire pour la plupart des enfants par une hausse correspondante du temps périscolaire : l’attention doit porter sur les enjeux de cette nouvelle journée, cette nouvelle semaine et les contenus à travailler :

  • La détente et le droit de ne rien faire font partie des besoins des enfants.
  • La suractivité n’est pas la seule voie.
  • La construction de parcours est l’occasion de remodeler les moyens conjugués de l’Éducation nationale, des services (enfance, sports, culture, sociaux…) des collectivités, des associations et des parents au bénéfice des enfants.

2. La réussite de tous passe par le traitement de la situation des enfants en difficultés : c’est d’abord pour eux que nous faisons la réforme des rythmes :

  • Attention à ce que la sortie anticipée de l’après-midi ne mette pas ces enfants en danger de zoner dans les cages d’escalier dès 15H30.
  • Veillons également aux effets des politiques tarifaires qui risquent de devoir être mises en œuvre dans le cadre des ALSH.
  • Enrichissons les parcours de ces enfants.

3. La pause méridienne a fait l’objet de critiques sévères de la part de nombreux acteurs, enseignants et parents : en effet, la montée des besoins amène les communes à accueillir jusqu’à 80 % des enfants de l’école : qu’elle soit élargie ou non, la pause méridienne doit voir son contenu éducatif transformé et amélioré, dans l’esprit de la continuité éducative recherchée par l’ensemble des acteurs.

Conclusion

On le voit, le chantier est complexe, mais il s’inscrit bien dans les ambitions éducatives de tous. Vous trouverez les cadres de l’ANDEV en vigilance tant au niveau national, que dans les réseaux régionaux pour :

  • partager leur expertise sur l’état des lieux, les diagnostics, les projets,
  • contribuer à la formation des acteurs, notamment avec le CNFPT, mais également avec d’autres partenaires,
  • construire des projets correspondant aux enjeux éducatifs de la réussite de tous les enfants,
  • contribuer à l’évaluation permanente en travaillant avec l’ensemble des chercheurs du monde universitaire et participant à la construction d’un observatoire national des politiques éducatives. »

Pour en savoir plus :

Livre blanc

Définir le projet périscolaire d'un territoire communal

Téléchargez

Structuré à partir du projet éducatif local (PEL) lorsqu’il existe, le projet périscolaire fixe les orientations vers lesquelles l’accueil de l’enfant doit tendre sur tous ces temps « périphériques », autour de l’école. Il ne peut se limiter à un catalogue d’actions ou d’activités, et ne se confond pas avec les modalités pratiques d’organisation.

Le projet est d’autant plus difficile à élaborer, et d’autant plus nécessaire, que ces temps sont souvent hétérogènes, que les intervenants auprès des enfants sont variés (de l’animateur à l’enseignant, de l’ATSEM à l’agent de service ou à la cantinière) et que les responsabilités peuvent y être confuses.

Le projet périscolaire est également complexe à poser parce qu’il peut recouvrir différents modes d’accueils des enfants (garderie, restauration scolaire, étude surveillée, accueil de loisirs associé à l’école…), mais aussi parce qu’il ne peut se construire sans de forts partenariats : celui de l’Éducation nationale d’abord, dont l’accompagnement éducatif vient souvent percuter – voire déstabiliser – les dispositifs existants ; celui des associations périscolaires ensuite, et notamment celles qui interviennent dans le champ de l’accompagnement à la scolarité ; celui des familles enfin, qui sont les premières intéressées par le suivi éducatif de leurs enfants.

Pourquoi élaborer un projet périscolaire ? Quelle est la place des personnels dans ce projet ? Outre l’Éducation nationale, quels sont les autres partenaires indispensables pour mettre en œuvre ce projet ?… Retrouvez toutes les réponses à vos questions en téléchargeant gratuitement la fiche « Définir le projet périscolaire d’un territoire communal ».

Cette fiche extraite du service documentaire L’action éducative en pratique vous est offerte par les Éditions Weka.


Weka formation vous propose une formation adaptée à vos besoins :  

Weka formation

Conduire la réforme des rythmes scolaires dans sa commune : quels projets pour quels financements ?


Objectifs :

Sciences-Po Lille et WEKA Formation vous proposent ce cycle de formation afin de vous accompagner dans la réorganisation de votre politique périscolaire et vous aider à mettre en place des solutions concrètes et adaptées à votre territoire.

3 modules de formation à la carte ou en format cycle afin de :

  • Décrypter les enjeux de la réforme des rythmes scolaires pour sa commune
  • Construire ou rénover le projet périscolaire municipal
  • Gérer le partenariat local dans un temps contraint
  • Développer une offre éducative dans un environnement financier dégradé

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