Les enseignants français moins évalués et formés au cours de leur carrière selon l’OCDE

Éducation

Les professeurs de collège travaillent « rarement ou jamais en équipe », se forment peu pendant leur carrière et seulement un tiers adaptent leurs cours au niveau des élèves : l’OCDE, dans une enquête publiée mercredi, pointe une singularité des enseignants du premier cycle du secondaire en France.

« Les enseignants français sont un peu livrés à eux-mêmes », a estimé Éric Charbonnier, expert de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), lors de la présentation à Paris de la dernière étude internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (Talis), à laquelle la France a participé pour la première fois. Plus de 100 000 enseignants et chefs d’établissements du premier cycle de l’enseignement secondaire (élèves âgés de 11 à 16 ans) de 34 pays ont participé à cette enquête, dont un échantillon représentatif de 3 002 Français exerçant dans 204 collèges. Cette enquête montre l’isolement des enseignants français : ils sont huit sur dix à ne jamais observer les cours de leurs collègues pour s’en inspirer, contre moins de cinq sur dix, en moyenne, dans l’ensemble des pays étudiés.

Pourtant, une large majorité d’entre eux verraient d’un bon œil un retour sur leur travail. Ils sont même 70 % à déclarer que seule une visite de l’inspecteur tient lieu d’évaluation : rare moyen d’avoir une appréciation sur leurs méthodes de travail. « Quatre enseignants sur dix en France sont peu préparés pour appliquer les méthodes de pédagogie » en classe, précise l’OCDE. À tel point que moins d’un tiers des enseignants français varient les exercices en fonction du niveau des élèves dans une classe, par exemple pour ceux qui ont des difficultés.

Outre l’absence d’évaluation, l’enquête de l’OCDE révèle que peu d’enseignants français (76 % contre 88 % en moyenne) suivent des formations continues, faute de temps ou d’incitation. Si le gouvernement a remis sur pied la formation initiale des enseignants avec les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation, des progrès sont encore réclamés par les syndicats sur la formation continue.Or, selon Éric Charbonnier, les pays considérés performants d’après la dernière enquête Pisa de l’OCDE « ont tous mis la formation des enseignants au cœur de leur réforme ». Malgré l’absence de suivi et cet isolement, les enseignants se disent satisfaits de leur métier (86 %), mais seulement 5 % pensent que leur profession est « valorisée dans la société ». Par comparaison, en Finlande, aux Pays-Bas, à Singapour ou au Canada entre 40 % et 68 % des enseignants estiment que la société valorise leur profession.

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