Rapport sur la scolarisation des enfants Roms

Éducation

Hubert Derache, ancien préfet de Mayotte, a remis au Premier ministre, le 12 juillet 2013, un rapport sur les enjeux relatifs à l’évolution du statut administratif des gens du voyage. Il livre des informations sur la scolarisation des enfants Roms.

Trois ans après un avertissement du Conseil de l’Europe à ce sujet, la situation s’améliore mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. En effet, en 2010, Conseil de l’Europe avait enjoint la France à trouver « d’urgence » des solutions pour la garantir. Si la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) a salué la publication en septembre 2012 de textes ministériels visant à améliorer cette scolarisation, il n’en demeure pas moins le constat de problèmes toujours persistants comme l’exigence, de la part de certaines municipalités, d’une domiciliation des familles sur la commune en préalable d’une inscription scolaire de leurs enfants, comme le nombre insuffisant d’aires d’hébergement en France ou bien encore le manque d’enseignants dans les classes d’élèves non francophones.

Alors que l’IG, dans un précédent rapport,  indiquait qu’il était très difficile de recenser les élèves Roms en âge d’être scolarisés, le rapport du préfet Derache affiche un bilan positif allant jusqu’à affirmer que « tous les enfants en âge scolaire de l’école primaire sont scolarisés » mais qu’il reste « des voies de progression au niveau du collège et surtout au niveau du lycée général ou du lycée professionnel ».

Pour améliorer la situation, le rapport propose de travailler dans plusieurs directions :

  • privilégier la scolarisation « en présentiel », par rapport à une inscription au Cned ;
  • favoriser la double inscription au Cned-établissement pour les enfants de voyageurs non sédentarisés ou semi sédentarisés ;
  • faire le point sur les dispositifs d’enseignement à distance (Cned, ENT…) « pour envisager les réponses adaptées aux différentes situations » ;
  • généraliser l’utilisation du livret de suivi pédagogique en créant un document national qui suivra l’enfant dans ses déplacements ;
  • développer l’offre d’internat ;
  • établir un état des lieux de la scolarisation des enfants du voyage dans chaque inspection académique ;
  • développer la médiation scolaire, qui « suppose une coopération active et permanente entre l’IA, la commune concernée et les services sociaux permet de lutter contre la non scolarisation et l’absentéisme ».

Un groupe de travail sur la scolarisation des enfants Roms a été créé par la Dgesco. Ces pistes devraient donc faire l’objet de suites concrètes.

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